la gauche

blog d'expression de la gauche écologiste,républicaine et antilibérale

jeudi 31 mai 2007

Et si on commençait par ne pas le regarder,

billet

 

 

Oui, je sais, on pourrait rire. Si on avait envie. Il y aurait de quoi. La France qui se lève tôt et dort au Fouquet’s. La retraite méditative dans un yacht de soixante mètres à Malte, choisi de préférence à l’abbaye de Solesmes ou à la villa de Clavier, pour "habiter la fonction". Le choc des images, leur schizophrénie, leur incohérence : Bigard chantant les laudes, Clavier au plateau des Glières, etc. Quelle rigolade en perspective !

 
Je pense même que si vous avez envie de rire, vous n’avez pas fini de rire. Les Guignols ont du boulot pour cinq ans.

 
Mais je vais vous décevoir : je n’ai pas envie de rire.

 

Dans ces rires, je sens un piège.

 

Et pas seulement dans les rires. Je pourrais aussi pousser de hauts cris d’effroi devant ces premières provocations, cette manière de nous balancer à la figure, à peine élu, les millions de la pub et des stars du showbiz.

 

Mais dans cet effroi, je sens le même piège.

 

Le discours présidentiel sarkozyste, qui s’annonce apparemment tout aussi décomplexé et transgressif que la campagne menée par le candidat, a besoin à la fois de nos rires et de notre effroi. Il va s’en nourrir, comme le berlusconisme s’est nourri de l’effroi de l’étranger et des intellectuels, et même aussi des rires. Dès que nous rirons de Mireille Mathieu, dès que nous nous effaroucherons des pets de Bigard, nous serons accusés de mépriser le peuple, les goûts du peuple. D’ailleurs ça tombe bien, je n’ai pas envie de rire de Mireille Mathieu, et Bigard me donne seulement envie de zapper.

 

(On pourrait d’ailleurs dire la même chose des briseurs de vitrines de la Bastille. Continuez, les gars, si vous voulez une belle et bonne vague UMP à l’Assemblée, manière juin 68, aux Legislatives. Allez-y ! Brûlez les poubelles ! C’est la meilleure manière de convaincre de leur erreur les 53% d’électeurs qui ont voté pour lui).

 

C’est ainsi qu’il va capturer les médias. Il ne va pas seulement les asservir par l’intimidation, ni les séduire par l’émotion et les tapes dans le dos, ni les circonvenir par la communauté d’intérêts avec les conglomérats auxquels ils appartiennent. Il va aussi leur offrir, chaque jour, chaque instant, un objet insaisissable et fascinant. J’entendais sur Europe 1, ce matin, un psychanalyste appelé à la rescousse pour tenter de mettre des mots sur le caractère provocant des premiers signes du sarkozysme présidentiel (le yacht, le Fouquet’s). Il avait des mots durs. A propos de ce dîner prolongé au Fouquet’s, tandis que la foule l’attendait à la Concorde, il disait quelque chose comme : "c’est une façon infantile de se couper du monde ordinaire". Oui oui, sur Radio-Lagardère, un psy traitait le nouveau président de sale môme qui fait son caprice. Mais ce n’est pas un sacrilège. Le sarkozysme s’en nourrit. Sarcasmes, effroi, analyses, débats : tout est bon pour le sale môme, pourvu qu’il soit au centre du rond de lumière.

 

Alors quoi, fermer les yeux ? Parler d’autre chose ?

 

Non. Mais se contenter des questions qui s’imposent, et que rappelle à juste titre Aphatie. Qui a payé la nuit au Fouquet’s ? Qui paie le jet privé ? A qui appartient le yacht ? Nul doute que les ex-embedded, et futurs confrères accrédités à l’Elysée, les poseront.

 

Pour le reste, regarder ailleurs. Regarder les actes, par exemple. Les actes concrets du président qui a dit ce qu’il ferait, et qui fera ce qu’il a dit. Les détails des projets de loi. Les chiffres ingrats. Les pots cassés, dans les cités lointaines. Regarder où il ne voudra pas que nous regardions. Et puisqu’il veut que nous le regardions, invisible sur son yacht, puisque tout son système de fascination s’annonce construit sur ces provocations, commencer donc par ne pas regarder son yacht.

  Daniel Schneidermann

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Législatives : la droite triomphatrice, entre adhésion et rejet

A la lecture de notre revue d’actualité matinale, un titre nous saute à l’oeil. Législatives : 47% des Français souhaitent la victoire de la droite, selon un sondage, clame une dépêche de l’agence AP. Curieuse formulation. Etonnement confirmé à la lecture de la première ligne : “Près d’un Français sur deux (47%, - 3 points par rapport au 7 mai) souhaite que la droite soit majoritaire à l’Assemblée nationale après les élections“. Ce sondage, réalisé par BVA pour la presse quotidienne régionale, nous est manifestement présenté comme favorable à l’UMP : rendez-vous compte, presque un Français sur deux ! Mais… 53% des Français n’en veulent pas, de cette majorité présidentielle ! Et le fameux état de grâce aboutit déjà à un renversement d’opinion positives, puisqu’on nous dit entre parenthèses qu’au lendemain de l’élection, ils étaient 50% qui supportaient l’UMP Connection. Voilà bien le paradoxe : 75% de cet échantillon représentatif de la population s’affirment certains de la voir l’emporter, mais seuls 47% le veulent. Et les derniers chiffres lui prédisent quelque 410 sièges… collage1

L’opinion majoritaire apparaît finalement comme résignée de subir une situation qu’elle ne souhaite pas. En clair, le président Sarkozy a réussi à verrouiller totalement le système, en tirant le parti maximum du scrutin majoritaire à deux tours sans proportionnelle. Il y a ses électeurs du second tour, qui étaient alors 42,63% des inscrits. Certains semblent déjà revenir en arrière, mais il reste évidemment nombre d’entre eux habités de ferveur et appelant ardemment la “rupture” de leur chef. Ils créent l’effet d’entraînement et emportent finalement la partie, sorte de minorité agissante à la bolchévique (version démocratique) - bolchevik désigne les plus nombreux et menchevik les minoritaires, mais les “bolchos” étaient à leur tour en minorité quand ils ont imposé la révolution soviétique. Comparaison n’est en la matière certes pas raison, Sarkozy et Fillon ne sont pas Lénine et Staline, mais la stratégie de prise du pouvoir s’appuie également sur un mouvement composée d’une minorité motivée. Marque de fabrique originale de Berluscozy : l’appui précieux des milieux d’affaires et leurs complicités médiatiques, avec lesquels les collusions les plus étroites sont soigneusement cultivées, pour relayer et amplifier le sentiment majoritaire, somme toute illusoire, et légitimer ses outrances programmatiques par le discours du : “c’est ce que veulent les Français, qui l’ont prouvé en m’élisant à 53%“.
Et si ça marche, c’est qu’il n’y a effectivement pas d’alternative en face. Sarkozy cristallise pourtant autant l’adhésion - de cette fameuse minorité - qu’un rejet extrêmement violent : une importante frange de l’opinion est sarkophobe, mais personne ne parvient à lui donner corps, à la structurer en opposition. Voilà le résultat de l’habileté présidentielle : il va réussir l’atomisation de toute opposition. Seuls 37% disent ainsi plébisciter une victoire de la gauche. Mais quel sens à cette question quand la compétition est courue d’avance ? Entre le PS, empêtré dans son éternel débat entre tenants de l’orthodoxie des valeurs socialistes (bien mal en point) et les adeptes du “pragmatisme” social-démocrate, cette “deuxième gauche” convertie aux joies du libéralisme, les antilibéraux incapables de porter un rassemblement et le MouDem de Bayrou en passe d’être laminé par le Nouveau centre, ces imposteurs du PSLE, ces 22 élus sans militants, pseudo-centristes et faux nez de l’UMP… La voie est libre pour l’hégémonie absolue d’un hyperprésident en passe de concentrer tous les leviers de pouvoir. Au soir du second tour des législatives, Sarkozy aura les mains libres. Et alors, en avant la casse du service public, la précarisation des salariés, la chasse aux chômeurs, les restrictions du droit de grève, la répression policière, la politique d’immigration brutale et inhumaine, le Medef et les rois du CAC 40 aux anges, les rentiers prospères, les spéculateurs triomphants, et la France modeste qui souffre toujours davantage, la paupérisation, les laissés pour compte toujours plus nombreux et s’enfonçant toujours plus profondément…

Face à cette catastrophe annoncée, 53% de méfiants, de sceptiques, de fatalistes et d’opposants résolus sans exutoire ni débouché. Triste tableau de la réalité politique de la France de 2007.

Olivier Bonnet, 31 May 2007

le monde citoyen

 

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mercredi 30 mai 2007

Les recettes idéologiques du président Sarkozy

 

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Avec plus de deux millions de voix d’avance sur sa rivale socialiste, M. Nicolas Sarkozy a été élu président de la République française le 6 mai dernier. Acquis avec un taux de participation électorale très élevé (83,97 %), ce résultat contredit la « règle » qui voulait qu’une majorité sortante soit battue lors de l’élection suivante. Mais le nouveau chef de l’Etat a bien marqué ses distances avec son prédécesseur, M. Jacques Chirac, en signifiant de façon répétée son désir de « rupture » avec ce qu’il assimile à un quart de siècle de « politiquement correct ». Les premières mesures économiques et sociales envisagées par son gouvernement (suppression de la carte scolaire, remise en cause du contrat de travail et du droit de grève, baisse de la fiscalité sur les très hauts revenus) donnent à cette rupture sa signification. Profitant du désarroi de la gauche, M. Sarkozy a néanmoins obtenu le ralliement à son programme de plusieurs anciens responsables du centre et du Parti socialiste. Avec leur concours, il escompte modifier profondément l’équilibre politique du pays et continuer à afficher ses convictions de droite. En cela, il rappelle des transformations intervenues ailleurs. En Espagne, en Italie, mais surtout aux Etats-Unis.

En France, un homme de droite vient de succéder à un président devenu impopulaire dans son propre camp, et il est parvenu à ses fins en battant une femme de gauche. Il paraît que ce genre d’histoire remonte un peu le moral des candidats républicains à la succession de M. George W. Bush. Surtout s’ils prévoient qu’en novembre 2008 ils affronteront la démocrate Hillary Clinton.

Il serait néanmoins paradoxal de voir la droite américaine s’inspirer demain de la stratégie politique du nouveau président de la République française. Imite-t-on son propre reflet dans un miroir ? Or, en matière de stratégie électorale, M. Nicolas Sarkozy a davantage été l’élève, doué, des techniques politiques déployées outre-Atlantique depuis quarante ans que l’inspirateur d’une alchimie nouvelle destinée à être exportée. Insistance sur le thème du déclin national, de la décadence morale, afin de préparer les esprits à une thérapie de choc libérale (la « rupture ») ; combat contre une « pensée unique de gauche » qu’on accuse d’avoir enkysté l’économie et atrophié le débat public ; réarmement intellectuel « gramscien » d’une droite suffisamment « décomplexée » pour exhiber ses amis milliardaires (et leurs yachts) ; redéfinition de la question sociale de manière à ce que la ligne de clivage n’oppose plus riches et pauvres, capital et travail, mais deux fractions du « prolétariat » entre elles, celle qui « n’en peut plus de faire des efforts » et la « république de l’assistanat » ; mobilisation d’un petit peuple conservateur dont on se prétend l’expression valeureuse et persécutée ; volontarisme politique, enfin, face à une élite gouvernante qui aurait baissé les bras : la droite américaine n’a nul besoin de traverser l’Atlantique pour que M. Sarkozy lui enseigne de telles recettes. Ce sont les siennes depuis Richard Nixon . Tout en émaillant ses discours de références à Jean Jaurès, Léon Blum et Guy Môquet, M. Sarkozy s’est en effet appliqué à reprendre les thématiques les plus performantes des derniers présidents républicains.

Serge Halimi

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mardi 29 mai 2007

Les Fatals Picards : Elle Est Belle La France

                             

 

 

         

Artistes : Fatals Picards (Les)
Album : Droit De Véto
Année : 2003
Titre : Elle Est Belle La France

         

Elle est belle la France
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Ah ben moi j’sors plus, hein, ah ben non hein, ben à cause d’la recrudescence hein
Ca a drôlement augmenté, la recrudescence, hein, ah surtout avec les arabes hein oui

Refrain
Vous savez ce que j’vous dis c’est à cause d’la recrudescence
Si tout le monde fait quesquidit alors elle est belle la France
(bis)

Regarder Jospin en cinq ans, il a rien fait d’bien grand
Ni à faire, ni à refaire, il nous laisse comme deux ronds de gland
Pi Raffarin est pas mieux, hein, soit dit en passant
C’est kifkif et haricots, tout ça c’est du même acajou
Pi leur décentralisation, moi j’en veux pas
Voyez déjà avec Tchernobil et la ?? tonne de morue au rat
C’est bien joli de changer les élections en quinquinat, mais les années bitextil, y s’y pensent pas

Refrain
Vous savez ce que j’vous dis c’est à cause d’la recrudescence
Si tout le monde fait quesquidit alors elle est belle la France
(bis)

C’est pour ça, moi la dernière fois, j’ai voté contestataire
Au moins lui, il tient ses promesses, il a les épaules sur terre
Avec lui l’Europe elle sera française, et chacun sera chez soi
Il a promis qu’il augmenterait le pouvoir des chats
Enfin je fais des plans sur la gourmette parce qu’on n’en est pas là
Avec tout les cons en France c’est sûr que jamais il passera
Sans lui la sécurité elle restera dangereuse
Ca la France est pas aidé, hein, pi le fossé y s’creuse

Refrain
Vous savez ce que j’vous dis c’est à cause d’la recrudescence
Si tout le monde fait quesquidit alors elle est belle la France
(bis)

Pi regardez moi tout ces feignants qui sont au chômage
Et après veulent le droit de vote, j’appelle ça du chantage
Le RMI et l’assedic c’est d’autre valeur pour la France
Et c’est pas les français qui y touchent, quand on y pense
Entre nous pour eux l’chomage c’est d’la sécurité de l’emploi
Dites-moi pas que c’est pas vrai, hein, dites le moi pas
Ils le disent à la télé, nous on touche le fond de notre pension
Et ça aide pas d’être bardé de diplômes, ça non hein

Refrain
Vous savez ce que j’vous dis c’est à cause d’la recrudescence
Si tout le monde fait quesquidit alors elle est belle la France
(bis)

Mais sont dans les choux à Bruxelles
Parce que l’Europe ça rapproche les peuplent, y parait mais quand on voit keski se rapprochent
Entre nous, bah, c’est pas les bons, enfin je dis ça moi je dis rien, non hein

Ce qui leur faudrait aux jeunes, c’est une bonne guerre
Ben ça leur apprendrait à vivre
Entre nous on était pas si mal que ça en 40, hein non
Allez, merci, au revoir d’être venue…

                                                           

 

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Droite jetset...

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-  Ses premiers frais de bouche : pour Martin Bouygues, Arnaud Lagardére, Vincent Bolloré, Albert Frére, Alain Minc, il leur doit bien cela, ou bien c’est eux qui régalent ?

-  Sa première nuit, au Fouquet’s du groupe du casinotier, machines à sous, Barriére : 8500 euros. Sa première envolée sur le Falcon 900 ex de Bolloré : 25 000 euros Le Bourget- La Valette. Sa première traversée : 193 000 euros la semaine, ravitaillement et carburant non compris. “Boat people” titre Libé... Allez, combien ? au bas mot, 500 Smic ? Raison de plus pour pas l’augmenter le 1er juillet...

-  Il paie tout de sa poche ou il bénéficie d’un “assistanat” ? C’est vrai “qu’ensemble tout devient possible”.

-  “Liquidons mai 68” qui “a préparé le terrain au capitalisme sans scrupule, aux parachutes en or des patrons voyous” s’écriait huit jours plus tôt Sarkozy à Bercy.

-  Berlusconi l’explique : “Nicolas Sarkozy m’a pris comme modèle en politique”.

-  Selon notre plaisancier, “mai 68 a abaissé le niveau moral de la politique” mais pas des privilèges...

-  Tenue vestimentaire du nouveau président : en Falcon et en Fouquet’s.

-  Ceux qui se moquaient de la gauche caviar ont la droite jet set.

-  A Vallourec, il a dit aux ouvriers : “mon hôtel, c’est ici” : ca va faire Malte à ceux qui l’ont cru.

-  Dés dimanche 6 mai au soir, il l’a dit : “c’est en Méditerranée que tout va se jouer”, il dit “tout avant pour tout faire après” : un croisé en croisière.

-  “La France m’a tout donné, il est temps que je le lui rende” : à la France du Cac 40...

-  Il croit qu’il a gagné au Loto dimanche soir, son identité nationale, c’est la Française des Jeux.
-  Bolloré, c’est la voix de son quartier-maître.

-  Il s’est mis en “retraite” pour “habiter la fonction” : régimes spéciaux ?

-  “Habité par la fonction”, sans phare ?

-  Sur le yacht, il se lève tôt et se couche tard.

-  “Il n’y a qu’une seule France”, en tous cas, on n’est pas tous dans le même bateau...

-  Les 10 et 17 juin, tous sur le pont, à bâbord gauche toute !.

GF

 

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Fiscalité de Sarkozy: au bonheur des riches

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Paul, sa femme, Virginie, et leurs trois enfants sont une famille comblée. Revenu annuel : 500 000 euros. Un patrimoine conséquent de 40 millions d'euros. Hors la participation de monsieur dans la société high-tech qu'il dirige, hors ses Rothko, Picasso et quelques bois et forêts, tous biens exclus ou quasiment exclus de l'ISF. Sa fortune le situe en haut de la pyramide des 460 000 Français assujettis à l'ISF. Il profite déjà pour sa déclaration de revenus 2006 d'un allégement. La tranche supérieure de ses revenus est imposée à seulement 40 % (contre 48,09 % en 2005), et il profite à plein de la suppression de l'abattement de 20 % qui était plafonné pour les hauts revenus. Montant de son imposition : autour de 175 000 euros.

L'achat rentable

Paul a vendu son duplex de Neuilly l'an dernier. Il vient de signer une promesse de vente pour un hôtel particulier sur l'île Saint-Louis : 5 millions d'euros. La déduction des intérêts d'emprunts annoncée par Nicolas Sarkozy tombe à pic. Plutôt que de payer cash, il décide d'emprunter : un million d'euros sur quinze ans, à 4 %. Montant des intérêts : 35 000 euros la première année. Il va pouvoir déduire 20 % de la note. C'est toujours 7 000 euros d'économisé. Le gouvernement n'a pas annoncé pour l'instant qu'il allait limiter le cadeau aux hauts revenus. Mais il a songé aux non-imposables. S'ils se lancent dans une acquisition, ils recevront un petit chèque du Trésor public.

La succession réglée

Le ménage est prévoyant. Il a organisé sa succession. Premier outil : les donations. Chaque enfant reçoit 50 000 euros. Le geste peut être renouvelé depuis 2005 tous les six ans, contre dix auparavant. Une somme rallongée en 2005 de 30 000 euros par enfant, un cadeau fiscal limité à cette année-là, et déjà signé Sarkozy. Cela fait 240 000 euros libres de droits qui auront dégonflé d'autant le patrimoine soumis à l'ISF et limiteront la facture lorsque viendra la succession. D'autres bonus ne sont pas à exclure. L'objectif affiché du président Sarkozy est d'exonérer 95 % des successions. Si la réforme passe par un allégement du barème ou un relèvement des franchises, notre ménage richissime en profitera comme tout le monde.

L'investissement payant

Encore une occasion de réduire son impôt sur la fortune. Le gouvernement a confirmé hier que certains «investissements» étaient susceptibles d'un gros rabais. Le couple hésite entre «aider» sa fondation préférée, investir dans la PME du petit cousin ou attendre que l'université de leur benjamine ait un statut autonome. Paul et Virginie vont pouvoir soustraire jusqu'à 50 000 euros de leur ISF pour gratifier l'oeuvre de leur choix.

Le jackpot final

Paul et Virginie font leurs comptes. Ils sont redevables pour leur patrimoine (40 millions d'euros), de 648 000 euros d'ISF (hors le cadeau à la fondation, qu'ils pourraient reporter). S'ajoute une dizaine de milliers d'euros de taxes foncière et d'habitation. Déjà le bouclier fiscal en vigueur ­ qui plafonne les impôts à 60 % des revenus ­ limite leur ISF à un peu moins de 300 000 euros. Notre couple devrait bénéficier cette année d'une ristourne de 548 000 euros. En passant le bouclier à 50 % des revenus ­ et si la CSG et la CRDS sont incluses dans le bouclier ­, Sarkozy relève encore le rabais de 90 000 euros. Morale de l'histoire : le bouclier a presque effacé la note de l'ISF, les 648 000 euros de départ.

 

Catherine MAUSSION

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samedi 26 mai 2007

SARKOZY et les riches: QUI VEUT GAGNER DES MILLIONS?

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Les réformes qu'entend mettre en oeuvre le gouvernement Fillon privilégient les gros revenus et pourraient coûter près de 4 milliards à l'Etat.

 

Jaurès et la valorisation des fruits du travail dans les discours. L'impôt sur la fortune, le bouclier fiscal, la baisse des droits de succession et la prime à la rente quand il s'agit de prendre des mesures concrètes. Au final, une politique fiscale menée par le gouvernement Fillon, qui, selon Michel Sapin, député et spécialiste de la fiscalité au PS, «va profiter aux grosses fortunes tout en faisant croire aux petits contribuables qu'ils vont en bénéficier». Le doute n'est guère permis. Le cumul des mesures annoncées pendant la campagne par Nicolas Sarkozy et que s'apprête à présenter devant le Parlement en juillet son ministre du Budget, Eric Woerth, cible les gros revenus.    

Superprivilégiés. Ainsi le bouclier fiscal. Dès l'été, le gouvernement va le faire passer de 60 % à 50 %. En clair, selon un slogan simple, un contribuable ne pourra pas donner plus de la moitié de ses revenus tirés du travail à l'Etat par l'impôt. Populaire. Mais le Snui (Syndicat national unifié des impôts) relativise la portée de la mesure. «Le bouclier, c'est juste un moyen d'augmenter sans effort et sans mérite la fortune de ceux qui sont déjà les plus riches, tranche Vincent Drezet, le secrétaire national du Snui. Il profite à 93 000 foyers, dont 16 000 contribuables assujettis à l'ISF. Alors que 18 millions de foyers fiscaux paient l'impôt sur le revenu...» Ces contribuables superprivilégiés ont déjà reçu en trop-perçu de l'administration fiscale près de 350 millions d'euros en remboursement.

  A cette mesure il faut ajouter la réforme de l'impôt sur la fortune, qui touche les contribuables qui déclarent plus de 760 000 euros de patrimoine net, soit 500 000 foyers en France. Si, dès l'été, le gouvernement met en place une nouvelle déduction contre un investissement dans les PME, ce sont de nouveaux milliards qui s'envolent pour le budget de l'Etat. Mais les cadeaux fiscaux ne s'arrêtent pas là, puisqu'une réforme des droits de succession est prévue. Sarkozy souhaite que 95 % des successions soient exonérées d'impôts. Mesure archipopulaire. Y compris chez les contribuables qui ne sont pas assujettis à ces prélèvements. Aujourd'hui, selon les chiffres du ministère des Finances, seules 25 % des successions à la suite d'un décès sont imposées. Alors quel est intérêt, au-delà de la popularité ? Là aussi, un cadeau aux plus riches.  Tirer un trait. Ces mesures risquent de coûter près de 4 milliards d'euros à l'Etat. «Le bouclier à 50 %, plus la modification de l'ISF et les successions, auquel il faut ajouter la défiscalisation des heures supplémentaires et la déduction des intérêts d'emprunt, vont coûter pas loin de 13 milliards d'euros», selon Drezet. Ce qui revient à tirer un trait sur le produit annuel de la taxe d'habitation... Que la gauche et les syndicats s'offusquent n'est pas surprenant. Ce qui l'est plus, c'est que même à droite on traîne des pieds. Les orthodoxes budgétaires sortent les calculettes et arrivent peu ou prou aux mêmes chiffres que la gauche. «C'est une révolution fiscale qui peut coûter très cher, note un député UMP. Surtout si tout ça n'a pas les effets espérés sur la croissance.» Derrière, difficile de tenir les engagements européens, de désendetter l'Etat, de baisser le taux de prélèvements obligatoires. Bref, de mettre en oeuvre l'autre volet économique du programme de Sarkozy. Mais manifestement, le nouveau gouvernement espère mettre en avant le retour des exilés de l'ISF. Toujours plus médiatique qu'un impôt plus juste ou une comptabilité publique plus équilibrée.   

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Un divorce entre le peuple et la gauche autour de la question de la nation

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Il y a un sentiment de crainte diffus qui habite les Français concernant le danger de la disparition de la France comme entité, comme identité, face à l’Europe, à la décentralisation, à la domination de l’économie par la mondialisation, qui font partie des référents culturels du PS d’aujourd’hui, mais aussi face à tout un courant idéologique de gauche, celle qui se revendique antilibérale, qui préfère faire des sans-papiers l’emblème de la lutte pour la justice sociale plutôt que les ouvriers, qui défend le financement public des lieux de culte, la reconnaissance des minorités, plutôt que la laïcité. Précisément, c’est pourtant cette dernière qui porte le politique au-dessus des différences pour faire de la citoyenneté la première de nos valeurs communes, levier d’une culture démocratique qui favorise la prise de conscience de l’importance des choix collectifs, des enjeux de l’intérêt général qui s’y expriment, par exemple, contre le libéralisme.

Le Président élu a entendu cette intuition du peuple de France, exprimée à travers la victoire contre le Traité constitutionnel européen du 29 mai 2005, que le plus important demeurait sans doute de ne pas céder au sacrifice de la nation, et a su la récupérer à défaut qu’elle fut prise en compte par un autre candidat, et ce, sans danger vis-à-vis de la gauche qui cultive, chaque organisation à sa façon, depuis des années, le sentiment de son rejet. Le candidat Sarkozy pouvait sans inquiétude récupérer ce thème et sans même y mettre beaucoup de contenu, tant il n’avait rien à craindre de la gauche sur ce sujet. Voilà comment, notre actuel Président a pu être élu, grâce à ce jeu entre une gauche centriste oublieuse de ses valeurs et une gauche antilibérale communautariste, niant la nation et oublieuse de la notion de peuple. Une situation de confusion politique qui pousse encore un peu plus les Français à s’en remettre à un homme providentiel.
On comprend comment, dans cette situation, François Fillon pouvait exprimer le projet du nouveau gouvernement en ces termes " Face aux appels dérisoires à la « résistance », nous allons inviter les Français à construire une espérance commune. Face aux extrémistes qui pensent qu'en cassant les vitrines on casse une victoire électorale, nous allons opposer la force calme de la démocratie". Il opposait "Face à ceux qui, à gauche, rêvent d'une cohabitation stérile, « une majorité claire et ouverte à tous les talents."
Résolument, une seule solution, changer de monde Jean-François Kahn invite dans l’éditorial de son avant-dernier numéro intitulé, « N’ayons pas peur », à la constitution, dans le sillon du vote « centriste révolutionnaire » d’une grande alliance démocratique et républicaine, qui fasse table rase du PS et de ses valeurs traditionnellement ancrées à gauche ainsi que des forces antilibérales. Il s’agit ici d’initier un nouveau type de rassemblement à la recherche de cette politique du milieu introuvable et improbable, tournant le dos à tout changement de société mettant en cause le capitalisme dans ses fondements. C’est croire pouvoir, aménager un système qui nous entraîne vers le chaos derrière de fausses bonnes intentions et le renoncement à oser penser un autre monde. On ne pourra pas contrecarrer le pouvoir financier, la logique de privation des richesses qui domine le monde sous le signe de l’exploitation, du sud au nord et du nord au sud, sans remettre résolument en cause par la mobilisation des peuples et des nations où ils ont leurs repères, le système lui-même, qui n’est pas aménageable sous le signe d’une gestion bien ordonnée entre intérêts économiques et besoins humains, comme le centrisme prétend en détenir la clé et qui nous a valu la supercherie de l’ouverture du gouvernement actuel et celle de Ségolène.
Il y a une vision postmoderne dans la volonté de répondre aux grands problèmes par une politique qui prétend partir des besoins des gens, car cela justifie les programmes patchwork qui ne défendent plus d’idées, de conception générale du monde, de vision et de choix fondamentaux, l’absence de projet de sociétés qui s’affrontent. L’indifférenciation gauche droite et l’échangisme entre les deux favorise cette tendance à l’effacement de tout contenu à la faveur de la politique spectacle. Sarkozy de ce côté là a été le meilleur, d’autant qu’il a su créer, en s’appuyant sur les faiblesses idéologiques et les mauvais choix d’orientation de la gauche, l’illusion d’avoir un projet pour la France auquel pouvaient s’identifier une large partie du peuple, des Français, un projet pour beaucoup structuré autour de la valeur de la nation.
Une nouvelle page de l’histoire de la propagande est en train de s’écrire, de l’idéologie du consensus, avec pour nouvel alambic, l’ouverture, le centrisme tout azimut comme modernisation libérale de la vie politique. Une pseudo révolution qui ne se révèle être qu’une métamorphose du politique de plus dans un seul but, en finir avec toutes résistances liées à l’idée de lutte des classes, éliminer toute conscience que l’origine de toutes les inégalités est contenue dans l’exploitation de l’homme par l’homme, dans le fait que celui qui vend sa force de travail manuelle ou intellectuelle est spolié de ce qu’il crée. C’est dans ce sens que le combat doit être mené en faveur d’une autre répartition des richesses, qui ne saurait répondre qu’à des besoins individualistes mais à l’exigence du bonheur commun. C’est seulement dans la capacité à faire retour sur cette démarche fondamentale que la gauche peut demain reprendre du sens, à moins qu’il faille inventer une nouvelle organisation politique capable de porter un tel projet radical en dehors duquel il n’y a pas d’alternative possible, un projet anticapitaliste et révolutionnaire, démocratique, républicain, laïque et social.

Guylain Chevrier 21/05/07
Docteur en Histoire

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Les causes de la défaite de la gauche à la source de la victoire de Sarkozy

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Le « non » de gauche n’a pas profité aux organisations de la gauche antilibérale lors de cette élection. Le choix laissé aux électeurs de gauche face au danger d’un Le Pen au second tour, argumentant le vote utile de façon outrancière a rabattu, certes, une partie des voix du « Non » de gauche vers Ségolène dès le premier tour, mais bien plus, c’est Sarkozy qui a su capter les voix des « non » de droite et de gauche par un discours faisant retour sur la nation, sur le sentiment d’appartenance des Français à un grand pays dont ils peuvent être fiers.

Il a, à différents égards, remis la nation au devant de la scène et avec elle la République : Il a donné l‘illusion d’un changement de cap de la droite qu’il incarne sur l’Europe, à travers l’idée de l’utiliser pour qu’elle protége la France des effets anarchiques de la mondialisation alors qu’elle est à son service ; Il a joué sur le besoin d’une revalorisation de l’image des Français, de la fierté de l’être, fréquemment malmenée derrière le thème envahissant de la repentance et de la mise en concurrence des mémoires, cheval de Troie du communautarisme ; Il a développé un discours très pragmatique sur le rapport entre nation et immigration, avançant l’idée que la France ne pouvait accueillir toute la misère du monde, une idée qui n’est pas sans fondement largement partagée par les milieux populaires, qu’il a détourné pour justifier cette politique trompeuse de l’immigration choisie ainsi mise totalement au service de l’économie libérale. ; Il a su aussi redonner confiance dans une France capable de maîtriser son destin, pourtant décidé largement à Bruxelles, à l’OMC au G8 ou à la Banque Mondiale, en proposant le retour au « plein emploi ». Autrement dit, en affirmant que ce problème pouvait être résolu au niveau de la France, ce qui est faux en dehors d’une remise en cause de fond du libéralisme, prenant ainsi à contre pied les économistes et politiques de tous bords appointant au système qui ne cessaient de dire depuis des années qu’il fallait en faire le deuil… S’il a coupé l’herbe sous le pied au FN, il a aussi pris le contre-pied de la gauche et spécialement antilibérale, sur des sujets comme l’immigration, véritable problème de société nié par un politiquement correcte de gauche interdisant de le mettre en débat. Pour donner du crédit à son statut de candidat défendant l’idée de la nation et de république, il est allé jusqu’à s’agréer fallacieusement les pensées de Jaurès, sur ce terrain abandonné par l’ex-gauche plurielle et honnie par l’extrême gauche.

Cette orientation, ces choix de campagne du candidat Sarkozy, n’ont pas été fait au hasard mais se sont appuyés sur une situation où le courant antilibéral et altermondialiste, le mieux à même en principe à lui porter les coups les plus dures et à rassembler potentiellement ceux du « non » de gauche, ne voyaient que dans l’internationalisme une solution aux problèmes, selon l’idée que les résistances ne seraient plus nationales mais le fait de résistances de minorités diverses, ethniques, culturelles, religieuses, remplaçant la solidarité des peuples dans le cadre de la lutte des classes par un mouvement social sans frontières et segmenté. Une conception reléguant l’idée de nation au sentiment nauséabond du nationalisme et encourageant ces minorités à réclamer dans le désordre de l’histoire des comptes, entre autres, aux Français et à la république d’aujourd’hui n’ayant aucune responsabilité sur des méfaits, tels l’esclavage et le colonialisme, dont des rois, des Empereurs et des majorités politiques au service de l’impérialisme français, en d’autres temps, se sont rendus coupables.

Une attitude de mise en procès de la France et des Français, justifiant entre autres, à l’aune des bons sentiments, de mettre au centre des revendications de cette gauche antilibérale la régularisation de tous les sans-papiers, le fait de les reloger en priorité (rappelons-nous l’affaire du squat de Cachan), que la société française leur fasse toute leur place y compris avec le droit de vote à toutes les élections (de la LCR au PCF), avec en toile de fond finalement la libre installation des immigrés en France. Un victimage justifiant l’oubli des millions de personnes qui vivent en France de façon régulière, Français ou pas, et pour qui on ne se mobilise guère avec le même enthousiasme sur des grandes questions économiques et sociales, en dehors des discours médiatiques. Cet internationalisme s’appuyant sur les minorités et croyant par-là contrer le libéralisme, se voyait ainsi appliqué en France, opposant certaines fractions de la population les unes aux autres au nom des revendications identitaires, culturelles et religieuses, divisant le peuple, sa capacité à réagir. Tout ceci participait de l’oubli que c’est toujours lorsqu’il a su s’unir que le peuple a pu arracher de grands acquis sociaux, ainsi que peser, entre autres, en faveur des indépendances contre le colonialisme. Tout ce qui a pu être conquis pour le grand nombre l’a été au nom de toute la nation, ce qui a contribué à la forger comme république laïque et sociale unique en son genre, accueillante, pouvant bénéficier à tous ceux qui y viennent dans des conditions propres à ce qu’ils puissent y vivre.

C’était aussi, en reléguant la nation, reléguer ainsi le fruit de l’histoire d’un peuple courageux et rendre litigieux tout sentiment se rapportant à son appartenance. Sarkozy a su s’emparer de cela pour mettre en lieu et place de cette culpabilité du peuple cultivée par cette frange de la gauche, la fierté d’être français, y compris pour ce que cela signifiait tout particulièrement pour ceux du « non » de gauche, pour ceux qui se sentaient les héritiers de cette nation là et qu’ils avaient défendu à travers leur « non ». Toute la gauche antilibérale a été de ce point de vue hors jeu et aveugle, hors de toute analyse sérieuse des enjeux, enfermée dans une vision uniquement sociale et humanitaire des problèmes et incapable par là même de les porter au niveau des réponses d’un projet politique cohérent et responsable. Elle n’a pas su ou pas voulu, dépasser un sentimentalisme bon teint qui donne peut-être bonne conscience à certains mais ne résout rien, bien au contraire, en alimentant une confusion qui sert l’adversaire. Le pire dans tout cela, c’est que le capitalisme mondialisé, sans frontière et sans nationalité, faiseur de l’empire de « l’argent-roi », rêve justement d’un monde segmenté en minorités annihilant toute résistance des peuples par cette division, favorisant l’effacement des nations qui seules sont capables à l’échelle nécessaire de jouer un rôle de contrepouvoirs dans ce contexte, telles qu’elles le font en Amérique latine en s’unissant en ce moment même pour y faire face. Précisément, c’est cette division en minorité, en communautés, qui marque la société américaine, qui a permis au conservatisme américain de ne rencontrer qu’une faible résistance à sa politique, et aucun mouvement social à l’échelle même d’un seul de ses Etats contre son ultra-libéralisme depuis des décennies.

De : g chevrier

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Nous sommes contre un traité qui laissera en place les principes de l’actuelle construction européenne

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Cette incapacité congénitale découle fondamentalement de deux choses : 1) des traités qui sur le fond font de la construction du marché l’axe fondamental auquel tout le reste est subordonné ; 2) un système institutionnel opaque et anti-démocratique. Les deux sont liés. Les traités, supérieurs aux lois, définissent des politiques. ils donnent donc une orientation précise aux politiques européennes, orientation qui ne peut être remise en cause tant que le fond des traités n’est pas changé. C’est aussi anti-démocratique que le fonctionnement institutionnel. Et les deux se combinent parfaitement pour faciliter la mise en oeuvre des prnicipes et des politiques neo-libéraux. Par exemple, Sarkozy affirme qu’il propose pas de ne pas toucher au statut de la banque centrale européenne (le Figaro 24/5/07). Ce n’est pas seulement une question institutionnelle. Aujourd’hui le système institutionnel fait que la politique économique européenne est décidée par la BCE grâce à sa gestion de l’euro. Cette politique est néfaste pour l’emploi.

Nous défendons une refondation d’ensemble de la construction européenne changeant et le fond et le système institutionnel. Notre critique du traité constitutionnel était qu’au contraire, il voulait conforter l’un et l’autre. Nous combattrons toute autre proposition de nouveau traité qui ne remettrait pas en cause ces éléments fondamentaux. Or la proposition de « traité simplifié » veut dire conserver le fond des traités actuels pour ne toucher qu’aux institutions. Nous refusons une démarche qui maintient le fond néo-libéral de l’actuelle construction européenne.

yves salesse

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