dimanche 29 juillet 2007
vive l'école !
L'Éducation nationale française est la PLUS GRANDE ENTREPRISE au monde avec plus d'un million d'employés ! On peut imaginer toute la difficulté à gérer un tel monstre ! Cependant, les différents gouvernements y sont, tant bien que mal parvenu car, l'éducation c'est l'oxygène pour tous les peuples. Or, ce que nous propose ce gouvernement, c'est la mise à mort de ce merveilleux système que le monde entier nous envie. Tout comme notre couverture sociale d'ailleurs ! Alors, que faut-il comprendre ? Une équipe d'arrivistes mêlant félons et fous dangereux, car n'en doutons pas certains d'entre eux le sont, a décidé de prendre le pouvoir d'une grande puissance et de ruiner tout ce qui pourrait à terme, s'élever contre ce hold up. Merci encore aux 53 % du 6 mai 2007 !
gdr.von
mercredi 11 juillet 2007
'UMP c'est prendre aux pauvres pour donner aux riches !
70 centimes par jour pour le Smic, 25 milliards annuels pour les
employeurs: Le gouvernement doit revoir l'axe et l'équilibre de ses
décisions : reconnaître la valeur du travail passe par l'augmentation
du Smic et des salaires
70 centimes, même pas une baguette de pain par jour, c'est ce que
représente l'augmentation annoncée par le gouvernement pour le Smic au
1er Juillet 2007.
Encore cela fera-t-il beaucoup moins
pour les salariés à temps partiel, en contrats temporaires et précaires
qui ne sont concernés que par l'augmentation du Smic horaire (17
centimes bruts, 14 centimes nets d'augmentation de l'heure).
Le gouvernent dit préférer un coup de pouce sur l'ensemble des salaires à un coup de pouce sur le Smic, mais il ne fait ni l'un ni l'autre.
Les seuls coups de pouce visibles et concrets sont ceux concernant les allégements de cotisations sociales aux employeurs
qui vont encore augmenter cette année (25 milliards d'euros en 2006)
alors qu'ils jouent contre l'emploi et contre les salaires.
Les salariés au Smic, les millions
d'autres qui voudraient gagner plus en resteront d'autant plus sur leur
faim que le gouvernement prévoit des mesures qui vont pénaliser le pouvoir d'achat du plus grand nombre
: franchises sur les dépenses de santé, déremboursements, augmentation
de la TVA, etc … Le gouvernement doit revoir l'axe et l'équilibre de
ses décisions : reconnaître la valeur du travail passe par
l'augmentation du Smic et des salaires.
Au profit des riches
Le gouvernement veut maintenant mettre en œuvre sa politique. Les
travaux de démolition ont commencé dès cet été, avec la session
parlementaire ouverte ce mardi 3 juillet. L’été est régulièrement
propice aux mauvais coups, gageons que la version 2007 ne dérogera pas
à cette sinistre tradition. Au programme de la session extraordinaire,
quatre projets de loi emblématiques de la politique de Sarkozy. La loi
dite en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat,
représente, en fait, un vaste plan de nouvelles exonérations au
bénéfice des plus riches. La gouvernance et les nouvelles compétences des universités visent
l’achèvement du processus de privatisation et de mise en concurrence
des universités. Enfin, la loi sur le dialogue social et la continuité
du service public de transport est une attaque gravissime contre le
droit de grève. Le premier de ces textes sera débattu du 10 au 13
juillet. Il est présenté par la très libérale ministre de l’Économie,
Christine Lagarde, comme une série de mesures pour « redonner toute sa
place au travail comme valeur, comme outil d’amélioration du pouvoir
d’achat et comme instrument de lutte contre le chômage ». Il se situe
dans la droite ligne du « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas
Sarkozy. Premier objectif affiché, l’augmentation de la durée du
travail, présentée comme la condition essentielle de la baisse du
chômage. Cette contre-vérité est assenée avec toute l’arrogance des
économistes libéraux. La suite, de la même veine, présente le travail
comme une marchandise - pour augmenter la durée du travail, il faut
jouer sur l’offre et sur la demande. Il faut donc que patrons et
salariés y gagnent, comme s’ils étaient à égalité ! On a donc un nouvel
allégement de cotisations pour les entreprises sur toutes les heures
supplémentaires et, parce que « l’accord du salarié facilite grandement
le recours aux heures supplémentaires », il faut aussi que le salarié
s’y retrouve. C’est la raison de la réduction des cotisations sociales
et de l’exonération des impôts sur les heures supplémentaires et
complémentaires pour les salariés. L’exposé des motifs de cet article de la loi comporte
plusieurs aveux. Les salariés ont besoin de voir leurs salaires
augmenter, c’est une évidence. Ceux qui décident de la durée du travail
sont les employeurs, et non les salariés auxquels la durée du travail
est imposée. Tout au plus, leur acceptation facilite le recours aux
heures supplémentaires, mais elle n’est pas indispensable. Pour gagner
plus, il n’y a pas d’autre solution que d’augmenter les salaires.
Répétons-le, l’exonération des cotisations sociales n’est pas une
augmentation du salaire, c’est une baisse de ce dernier qui comprend à
la fois le salaire net touché directement chaque mois et les
cotisations finançant la protection sociale. Enfin, pour travailler
toutes et tous et lutter contre le chômage, il ne faut pas allonger la
durée du travail, mais la diminuer. Les articles suivant de la loi n’ont pas grand-chose à
voir avec l’emploi et le pouvoir d’achat, puisqu’il s’agit d’une
succession de cadeaux fiscaux qui, comme toujours, ne concernent que
les plus riches. Elles ont aussi une forte portée idéologique. Le
crédit d’impôts sur le revenu, égal à 20 % des intérêts d’emprunt pour
l’acquisition d’une résidence principale, veut concrétiser le projet du
candidat Sarkozy d’une « France de propriétaires ». Mais elle ne sera
d’aucune aide aux 3,2 millions de personnes mal-logées. L’article sur
les droits de succession prétend « faciliter la transmission des
patrimoines représentant le fruit d’une vie de travail ». Aujourd’hui,
90 % des successions entre conjoints et 80 % des transmissions en ligne
directe sont exonérées. Dans la réalité, les nouvelles mesures ne font
qu’avantager les patrimoines les plus importants et elles permettent la
transmission du fruit de l’exploitation du travail d’autrui et de la
spéculation ! Le bouclier fiscal limitera, à partir de 2008, le niveau
des impôts directs d’un contribuable à 50 % de ses revenus. C’est
explicitement un cadeau fait à une poignée de privilégiés. Comme ce
gouvernement n’est jamais à court d’idées cadeaux aux plus fortunés,
l’impôt de solidarité sur la fortune peut, encore, être réduit, cette
fois au prétexte du soutien aux PME, à la recherche, aux universités
(autonomes !) Chacun de ces avantages, cumulables, peut atteindre 50
000 euros. Pour finir en beauté, les mesures qui conjuguent maigres
aumônes et contrôle accru des bénéficiaires du RMI suivent
immédiatement l’article, qui fait semblant de moraliser les parachutes
dorés des grands patrons ! Tout un symbole de l’arrogance de ce
gouvernement. Frida Fuego
vendredi 6 juillet 2007
Bercy veut mettre l'école au régime sec
Le
ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, avait prévenu que de
nombreuses suppressions de postes auraient lieu en 2008 dans
l'Education nationale. "Aux alentours de 10 000", avait-il estimé. Mais le chiffre devrait en réalité être proche de 17 000, indique ce matin Les Echos, à partir de sources gouvernementales. La cure d'austérité s'annonce sévère.

commentaire:
quand les gosses se trouvent à 30 par classe, les meilleurs s'en sortent, les moyens surnagent et les plus faibles se noient. les plus riches les envoient dans le privé, bref il faudra songer à retirer "égalité" de notre devise. quoique liberté et fraternité c'et pareil en fait... et travail, mutisme, abnégation c'est pas mieux?
jeudi 5 juillet 2007
il prend aux pauvres pour donner aux riches
La phrase est de Jean-Pierre Daroussin qui explique ainsi son expression : "Il prend aux pauvres pour donner aux riches". Derrière cette pirouette, se dessine une réalité économique assumée: le premier projet de loi du nouveau gouvernement qui favorise clairement les couches les plus aisées de la société.
La défiscalisation des heures supplémentaires : ne profitera qu'à ceux qui ont du travail et de sucroît aux salariés imposables qui bénéficieront d'un crédit d'impôt. Un dispositif coûteux qui risque par ailleurs d'encourager la fraude,
les employeurs comme les employés ayant intérêt à déclarer un maximum
d'heures supplémentaires sur lesquelles il n'y aura aucune charge à
payer.
Question : pourquoi n'avoir pas réformé les 35 heures en revenant à une
durée légale de 39 heures ? Le dispositif aurait été moins coûteux et
plus efficace.
Le bouclier fiscal : là encore ne profitera qu'à ceux qui payent des impôts. Un bouclier d'autant plus avantageux pour ceux qui disposent d'un capital important, puisque le bouclier ne fait pas la distinction entre les revenus du capital et ceux du travail.
La fin des droits de succession : contribuera à perpétuer les générations de familles très aisées qui pourront ainsi faire gonfler et gongler leur patrimoine, sans jamais s'acquitter d'un "impôt de solidarité" que constituaient les droits de succession.
Quant à la déduction des intérêts d'emprunt, autre mesure très coûteuse, elle aurait dû être ciblée sur les jeunes primo-accédant ou fonction des revenus, pour cibler les couches populaires. Encore une fois, la vertu de l'impôt est par définition de faire contribuer ceux qui ont le plus de moyens à la solidarité nationale.
Montant de la facture : 20 milliards d'euros...et la dette ? On verra plus tard.
Antonin André
mercredi 4 juillet 2007
Sarkozy-Fillon : la concurrence contre les travailleurs !
La semaine dernière, Sarkozy se vantait de son prétendu succès
diplomatique obtenu à Bruxelles : l’acceptation par les vingt-cinq pays
de l’Union européenne d’un mini-traité venant remplacer feu le traité
constitutionnel rejeté lors du référendum du 29 mai 2005. Il prétendait
même avoir fait preuve d’esprit démocratique en demandant que soit
enlevée la référence à « la concurrence libre et non faussée ».
Et cela, paraît-il, pour prendre en compte l’opinion majoritaire dans
le pays de ceux qui avaient voté Non au référendum. En fait, simple
duplicité, esbroufe, écran de fumée au moment où le marché de l’énergie
est ouvert à la concurrence et où le gouvernement fait passer son
projet d’autonomie des universités... EDF, l’anarchie de la concurrence
C’est dimanche 1er juillet qu’est entrée en vigueur la libéralisation
du marché de l’énergie pour les particuliers. Les libéraux, défenseurs
acharnés de la concurrence, expliquent que celle-ci entraîne
nécessairement la baisse des prix. C’est une fausse évidence démentie
par les faits. La concurrence dans le domaine du téléphone ne profite
en rien aux usagers, pas plus que l’ouverture du marché de l’énergie
aux seules entreprises n’a abouti à la baisse des tarifs. Bien au
contraire, la hausse serait de plus de 70%. Et le comble est qu’EDF
sera obligée de vendre de l’électricité à ses concurrents pour que
ceux-ci puissent la revendre avec bénéfice ! Ainsi les installations
qui correspondent à d’énormes investissements accumulés depuis des
années sur les fonds publics devraient servir à des financiers pour
faire des profits. C’est aberrant ! La conséquence de cette folie, ce
sera la hausse des tarifs et la baisse des investissements avec les
risques de panne dont on a connu des exemples dramatiques aux USA ou en
Angleterre. Autonomie des universités
C’est au nom des mêmes préjugés que le gouvernement présente le projet de loi sur l’autonomie des universités comme « sa réforme la plus importante ».
Il prétend ainsi répondre à la crise de l’université qui est, d’abord
et avant tout, un manque de moyens, manque d’enseignants, locaux
vétustes et un manque de débouchés, conséquence du chômage. Non
seulement l’autonomie ne règle rien, mais elle aggrave les inégalités
sociales. Elle met les universités en concurrence, supprime les
diplômes nationaux, aggrave la sélection et, après avoir ouvert la
porte au patronat, l’ouvre à la privatisation déjà engagée. Loin de
résoudre la crise de l’université, elle l’aggrave, écarte de plus en
plus de jeunes issus des classes populaires de l’enseignement
supérieur, crée un enseignement à plusieurs vitesses...
Et dans le même temps, Darcos, le ministre de l’éducation nationale
annonce la suppression de 10 000 postes pour l’année scolaire 2008. Inégalités et injustices
C’est bien là toute la logique Fillon-Sarkozy : duplicité,
faux-semblants pour faire passer une politique réactionnaire qui
aggrave les inégalités, profite aux riches et aux élites, au détriment
des droits sociaux et démocratiques de toute la population. Car c’est
bien là le but de la concurrence. Ce n’est pas de répondre aux besoins
de la collectivité mais, bien au contraire, une politique qui sert les
intérêts des classes possédantes.
Alors que les services publics prétendaient, certes très
imparfaitement, participer d’une répartition des richesses moins
injuste, la concurrence obéit à la loi du plus fort. Les lois du marché
et de la concurrence, c’est tout pour les riches !
C’est bien pourquoi nous ne sommes pas d’accord et que nous pensons
que, dés maintenant, il nous faut préparer la riposte pour les droits
sociaux et démocratiques.
L’économie doit servir à satisfaire les besoins de tous, avec justice
et égalité.
mardi 3 juillet 2007
les cadeaux fiscaux aux privilégiés, ça coûte cher :
11 milliards d’euros rien que pour l’année prochaine. Alors comment faire rentrer de l’argent dans les caisses ? "Pour maîtriser le déficit, nous compterons sur deux leviers : la hausse du produit intérieur brut et des recettes fiscales tirées par la croissance, et une politique de strict contrôle des dépenses publiques couplée à des réformes inédites de modernisation de l’Etat", répond l’ultralibérale (*) ministre de l’Economie Christine Lagarde. Taratata. Même en cassant le service public comme ce gouvernement a bien l’intention de le faire (voir par exemple le scandaleux non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite), on est encore loin du compte. Alors, en attendant cette fameuse TVA antisociale (façon Robin des Bois à l’envers), dont on ignore pour l’instant les modalités, vendons donc des actions de l’Etat. Ainsi furent mis sur le marché 5 % de sa part dans France Telecom, ce qui a rapporté 2,65 milliards d’euros. Petit rappel : quand on vend des actions appartenant à l’Etat, on dilapide le patrimoine commun. C’est donc symboliquement dans la poche de chaque citoyen français que l’on va puiser pour financer par exemple le bouclier fiscal à 50 %, afin que ces pauvres riches ne soient plus si insupportablement pressurés. Le nom de jeune fille de Christine Lagarde est Lallouette, mais devinez qui va se faire plumer ?
PS : Au fait, on apprend dans le dernier numéro de (water) Closer
que le plus emblématique de ces mauvais Français, assis sur un tas d’or
et prêts à quitter le territoire pour éviter de participer à la
solidarité nationale - nous voulons parler de Johnny Hallyday, 8,75 millions d’euros de revenus en 2006,
grand ami de notre hyperprésident - vient de s’acheter une nouvelle
maison à Los Angeles. Il aurait été indécent de l’en priver. Merci
Sarkozy.
* Pour ses débuts en politique, Christine Lagarde a annoncé la couleur : 48 heures à peine après sa nomination en tant que ministre déléguée au Commerce extérieur du gouvernement Villepin, en juin 2005, affirmant qu’il fallait absolument réformer le Code du travail, jugé "compliqué, lourd" et qui "constitue un frein à l’embauche".
http://olivierbonnet.canalblog.com/archives/2007/01/25/3795029.html
lundi 2 juillet 2007
10.000 suppressions de postes dans l'Education

Les chefs d'établissements du SNPDEN-Unsa (majoritaire) ont prévenu
vendredi que si l'annonce par Xavier Darcos de la suppression de 10.000
postes au budget 2008 précédait "le débat sur l'avenir du système
éducatif", ils participeraient à "la riposte" du monde de l'éducation. "Si
les suppressions précèdent le débat sur l'avenir du système éducatif,
nous serons solidaires dans leur riposte de notre fédération,
l'Unsa-Education et de l'ensemble du monde de l'Education", a assuré le
SNPDEN-Unsa dans un communiqué. Dénonçant une
"annonce comptable", le syndicat a regretté que le ministre de
l'Education n'ait pas en "préalable" défini "ce que l'on attend de
l'Ecole au XXIe siècle en répondant concrètement aux interrogations que
l'ensemble de la population devrait se poser". "Quels
moyens mettre en oeuvre pour que chaque élève à la fin de la scolarité
obligatoire au collège puisse acquérir le socle commun de connaissances
et de compétences sans organiser un enseignement à plusieurs
vitesses?", a-t-il notamment interrogé. "Comment
assurer l'avenir de l'éducation prioritaire?", "Comment assurer
l'accueil des handicapés alors que depuis la loi du 11 février 2005,
cela constitue pour les parents un véritable droit opposable aux
établissements?", a ajouté le syndicat. "Comment
mieux répondre par un encadrement adulte (CPE, surveillants,
infirmières, assistantes sociales, psychologues) aux phénomènes de
violence, mais aussi aux élèves en grande souffrance?", a-t-il énuméré. "Comment
annoncer de multiples suppressions de postes sans avoir commencé le
débat sur les missions des enseignants ? Comment accompagner
l'augmentation des effectifs en collège?", a-t-il poursuivi.
Profs : tollé contre les suppressions de postes
![]()
La disparition programmée de 10 000 postes dans l’Éducation
nationale continue d’engendrer la colère du monde syndical et politique.
L’ANNONCE de Xavier Darcos de ne pas remplacer une partie des
départs à la retraite des enseignants continue de provoquer des remous. Depuis
qu’il a déclaré, jeudi, à la télévision, que 10 000 postes seraient supprimés
dans l’Éducation nationale au budget 2008, le ministre s’est attiré, à quelques
jours des vacances scolaires, les foudres de l’opposition.
Hier, la LCR d’Olivier Besancenot a dénoncé le « sabotage organisé » de l’Éducation nationale, mû par « la volonté politique de passer les effectifs des fonctionnaires à la moulinette ». Un peu plus tôt, le PCF a lui aussi protesté contre « une politique de démantèlement » de l’Éducation nationale menée par le gouvernement Fillon, mettant en garde contre une « dégradation du service public ». La veille, la nouvelle avait déjà provoqué un tollé chez les syndicats enseignants. Suppression « ahurissante et inacceptable », selon Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp, ou « véritable saignée », d’après le SNES, les organisations syndicales n’avaient pas caché leur courroux.
Conscient de la pluie de protestations que sa déclaration ne manquerait pas d’entraîner, Xavier Darcos avait tenté d’atténuer la nouvelle, assurant que le nombre précis de suppressions ne serait décidé qu’en août. Hier, Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur, a rappelé que l’Université n’était pas concernée. En outre, le gouvernement a visiblement aménagé ses objectifs de départ. Forte de 1 134 792 agents, dont 848 835 enseignants, l’Éducation nationale devrait voir partir à la retraite 146 000 professeurs entre 2007 et 2011, soit 29 200 en moyenne chaque année. Papy-boom oblige, les effectifs se vident d’eux-mêmes. Le secteur devrait donc payer un tribut moins lourd que le reste de la fonction publique. Car dans le pire des cas, un prof sur trois ne sera pas remplacé. C’est trop disent les parents comme les enseignants. D’autant que la veille de cette annonce choc, Xavier Darcos s’était engagé à créer des heures de soutien scolaire le soir après l’école et chacun pensait déjà que la mesure serait source de création d’emplois. Dès hier, parents et syndicats d’enseignants et de proviseurs se sont mis en ordre de bataille. Fustigeant le « massacre à la tronçonneuse que s’apprêtent à exercer gouvernement et majorité UMP », Alain Bocquet, porte-parole des députés PCF, a demandé « en urgence » un débat à l’Assemblée nationale sur l’éducation dès juillet.
Les syndicats prévoient, quant à eux, « une mobilisation à la hauteur des dégradations qu’un tel projet ne peut qu’engendrer ». Une « riposte » à laquelle les proviseurs n’excluent pas de participer, d’après le SNPDEN-Unsa, syndicat majoritaire des chefs d’établissement, « si les suppressions précèdent le débat sur le système éducatif ». Côté parents d’élèves, les avis sont partagés. Tandis que la Peep attend de « voir si la mesure change le taux d’encadrement des enfants », la FCPE a demandé des « explications au gouvernement ».
dimanche 1 juillet 2007
Pour une refondation républicaine de la gauche
Au
lendemain de ces élections législatives, à part les régions, la
majorité politique installée à tous les niveaux de représentation, de
décision et de juridiction sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy sera
de droite. Le temps de préparer l’avenir.

Durant la campagne présidentielle, la droite française s’est appropriée avec succès les valeurs républicaines que la gauche avait abandonnées depuis des années : Vvaleur-travail (nous autres gens de gauche dirions valeur du travail), patriotisme économique (nous dirions sens de l’intérêt de la nation), droit à la sécurité (nous dirions autorité de l’Etat), émancipation par l’école (nous dirions socle des connaissances véhiculées par l’Education).
Voilà ainsi réappropriées les valeurs en lesquelles croyaient ceux qui, au XIXe siècle, ont fait la Commune et inventé la nation républicaine. L’Appel des citoyens de Paris proclamait ceci le 11 avril 1871 : « Pas de devoirs sans efforts, pas de droits sans devoir. Nous voulons le travail mais pour en garder le produit. Plus d’exploiteurs, plus de maître. Le travail et le bien-être pour tous, le gouvernement du peuple par lui-même ». Ce sont les valeurs de la République et de la gauche. Et si la gauche a lentement perdu la confiance d’une partie des couches populaires, celles qui se lèvent tôt, c’est d’abord parce que, du PCF au Parti radical en passant par le PS, elle a abandonné notre drapeau à Le Pen, les ouvriers à leur pouvoir achat, les valeurs de fraternité aux démagogues.
Au terme d’une campagne difficile, Ségolène Royal, deux fois vaincue aujourd’hui, a reçu le soutien de 17 millions de Français. On le sait, les professions libérales et intermédiaires, les commerçants et artisans en majorité, ont voté pour Nicolas Sarkozy, mais il est constant que les citoyens les plus jeunes et les actifs de moins de 65 ans ont voté pour Ségolène Royal. Ça offre un espoir...
Il n’empêche que l’entreprise de réaffirmation de ses propres valeurs par la gauche a commencé, et pas seulement en France : la critique sérieuse des bases du libéralisme financier (le fameux néolibéralisme) qui, sous couvert d’Europe, nous condamne au chômage de masse par l’euro fort, et façonne l’apologie du marché dit “libre”, où seule la concurrence est le dogme, où se prépare minutieusement la mise à mort des services publics. Il y a pour le coup une mondialisation de cette prise de conscience.
Faut-il alors succomber à certains barrissements, et ne voir l’avenir qu’à travers une “social-démocratie” à l’anglaise ou à l’allemande ? Bonne idée, mais en fait non. Car ces pays ont des traditions, des pratiques syndicales que nous n’avons pas. Les pays qui vont bien en Europe du Nord et l’Allemagne pratiquent le consensus et la grève travaillée, car ils sont moins touchés par la crise économique et commerciale que connaît la France.
La France est républicaine. La gauche a pour raison d’être l’accomplissement de la République. Si elle ne devenait qu’une “aile consolatrice” du néolibéralisme, elle ne répondrait plus à sa mission et laisserait à découvert un immense espace, livrant les couches populaires à l’abandon, à l’abdication, à la révolte ou aux démagogues de tout poil.
Nicolas Sarkozy s’affiche avec George Bush au moment même où les experts du Pentagone et le peuple américain lui donnent tort sur son action internationale. Et des socialistes français exaltent Tony Blair quand les Britanniques le chassent, ou la SPD allemande quand elle gouverne sous les ordres de la droite. Une gauche libérale pourrait retrouver bien vite les palais ministériels si le but de l’action politique était d’arriver à tout prix au gouvernement. Mais pourquoi faire ? La politique de Tony Blair ? Croissance inouïe des inégalités, 12 700 000 travailleurs pauvres (7 millions en France vivent avec moins de 700 euros par mois), privatisations, suivisme américain en Irak ? Pour faire comme la politique du SPD allemand qui a fait alliance avec la droite, et après le programme Agenda 2000, foule au pied les acquis sociaux et laisse exploser la pauvreté ? Non, la France n’est ni la Grande-Bretagne, ni l’Allemagne. Nos histoires sont différentes.
Loin d’être un slogan ou un vain mot, “Refondation” recouvre la volonté politique radicale d’une entière réorientation des conditions de notre participation au fait européen et à la mondialisation néolibérale. Alors pourquoi "républicaine" ? Parce qu’appuyée sur les principes de la démocratie, de la pleine souveraineté des peuples.
À l’heure des “souverainetés limitées” en Europe, il serait temps de préparer la refondation des Républiques sociales qui protègent les faibles des fauves. Qui protègent les salariés du dumping social, protègent la collectivité du dumping fiscal, protègent les industries des délocalisations, protègent les locataires du rentier, protègent le commerce des dérèglements monétaires qui surviennent loin de lui.
La refondation est ouverte largement, au-delà des rangs de la gauche républicaine. Non pas à des centristes qui n’existent que par les contradictions de la droite et les insuffisances de la gauche, mais à des républicains qui, au-delà de l’ouverture de pacotille actuelle, verront bien que derrière le discours de Nicolas Sarkozy, il y aura la politique cynique des détenteurs de la fortune, des fabricants du marketing de la peur, des jean-foutre de l’intérêt général, fascinés par l’Amérique du Nord, c’est-à-dire par la loi du plus fort.
Alors, le sacrifice de celles et ceux qui ont vu s’achever au pied du mur des Fédérés le cours de leur vie sous les tirs des fusils versaillais, toutes celles et ceux qui ont sué sang et eau pour que notre pays soit ce qu’il est devenu, une des plus belles démocraties du monde, tout cela n’aura pas été vain.






