la gauche

blog d'expression de la gauche écologiste,républicaine et antilibérale

jeudi 30 août 2007

Premières réformes de Sarko-Fillon

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Un gouvernement de classe au service des puissants et des riches !

 

Durant l’été les contre réformes, les sales coups et les lois scélérates n’ont cessé de pleuvoir contre les salariés et les jeunes de ce pays. Sarkozy a commencé a mettre en oeuvre son projet au service exclusif de ses amis du MEDEF, des rentiers gavés de stocks potions et de tous les nantis arrogants et plein de morgue et de suffisance.

A peine élu, le premier signe donné par le nouveau président a été de passer de luxueuses vacances de milliardaire à bord d’un Yacht mis à disposition par son ami Bolloré. IL remet d’ailleurs le couvert au mois d’août en allant séjourner chez un autre riche et puissant ami aux Etats Unis. Il a pu y rencontrer son ami Bush dont la politique impérialiste et criminelle s’enlise chaque jour un peu plus en Irak.. Quel meilleur symbole de la politique a venir que ces quelques jours de croisière de luxe et cette visite à cet ennemi absolu des progressistes qu’est Bush…le triomphe de l’argent, de la vulgarité et des valeurs patronales et libérales, le mépris pour les salariés modestes et le luxe ostentatoire des parvenus. La mystification politique opérée pendant la campagne présidentielle prenait ici tout son sens et toute sa force. La poudre aux yeux de l’ouverture , que nous nommerons pour notre part trahison des idéaux de gauche, servait alors comme un gadget ou au pire comme une opération visant a renforcer la « légitimité » de sales coups a venir !

Les lois votées cet été par le Parlement vont en effet toutes dans ce sens. Le paquet fiscal est à cet égard l’exemple le plus probant. Les baisses d’impôt pour les plus riches, la suppression des droits de succession, la quasi suppression de l’ISF ne sont que l’application la plus brutale de l’idéologie tatchérienne portée par le Bonaparte de l’Elysée. La droite sarkozytse est au pouvoir pour servir le capital et n’hésite pas a mettre en œuvre son projet…belle leçon pour la gauche et les socialistes qui devraient, ou gouvernement se montrer aussi fidèles aux travailleurs que la droite ne l’est au grand patronat. La grande bourgeoise Christine Largarde ministre de l’économie peut tranquillement proclamer à la tribune même de l’Assemblée, expression de la souveraineté populaire, que son rôle est de réhabiliter l’argent (comme si il en en avait vraiment besoin…) ! « Enrichissez vous » le vieux et cynique slogan du père Guizot est en passe de devenir la devise du nouveau pouvoir en lieu et place des principes républicains issus de la grande Révolution.

Cet éloge de la réussite individuelle, de l’argent pour l’argent s’accompagne de la volonté claire de mettre a genou toute velléité de résistance voire de riposte, de désarmer toute possible mobilisation sociale pour pouvoir ensuite imposer touts les contre réformes libérales. Comme Tathcer en son temps, Sarkozy a besoin d’affaiblir les capacités de riposte du mouvement social et des forces syndicales pour mettre en œuvre pleinement sa politique. Il doit battre les poches de résistances constitués par les cheminots ou l’Education nationale en les discréditant pour mettre l’opinion de son coté. Il ne veut évidement pas revivre le « cauchemar » (le rêve pour nous !!) de décembre 95 et de la grève par procuration des salariés du privé solidaires du mouvement. Il stigmatise donc les régimes spéciaux au nom de la fameuse et sacro sainte équité, il pointe du doigt les soit disant privilégiés qui sont toujours en grève et qui ne travaillent pas assez. Tout cela pour passer à l’offensive après l’isolement de ces salariés du secteur public qui peuvent, pour l’instant, lutter sans craindre la perte de leur emploi et sans le couperet du chômage de masse planant sans cesse sur le privé et diminuant ainsi sa capacité de combativité. Stigmatiser ces salariés soit disant privilégiés permet par la même occasion de détourner la colère populaire des vrais nantis du capitalisme : les patrons du CAC 40, les bénéficiaires d’onéreux parachutes dorés et les rentiers du capital vivant oisivement comme disaient les premiers socialistes ! Le vote du texte sur le servie minimum dans les transports en commun et sa perverse remise en cause du droit de grève s’insère dans cette logique. Il en est de même pour l’autonomie des facs, qui en plus de porter en germe la privatisation des universités, vise a porter un coup fatal au mouvement étudiant dont la droite redoute la combativité…Villepin et Balladur ainsi que les morts-nés CPE en 2006 et CIP en 94 s’en souviennent encore ! Sarkozy et Pécresse en faisant mine de reculer en juin dernier on tenter d’endormir cette importante capacité de mobilisation étudiante…affaire a suivre lors la prochaine rentrée universitaire. La suppression massive de postes dans l’Education nationale (plus de 11 000) et la grande saignée qui s’opère en parallèle dans la fonction publique se situent dans le même registre : affaiblir, diviser, stigmatiser pour passer suite tranquillement mais sûrement en force.

Tous les socialistes doivent le comprendre ! Défendre la lutte des cheminots, des enseignants, des gaziers ou électriciens et des étudiants s’est aussi se battre pour la reconquête de nos droits perdus et un point d’appui pour les regagner !

Se battre à leur coté et faire reculer le gouvernement c’est empêcher la tatchérisation définitive de la France car elle serait dramatique…D’abord pour les salariés et le mouvement social découragés et résignés par de terribles et éprouvantes défaites la tacthérisation sonnerait l’heure du repli et donc celle de la casse définitive par la droite des derniers acquis des luttes du mouvement ouvrier et démocratique : code du travail, Sécurité sociale, salaire socialisé…Ensuite cette résignation serait fatale à la gauche telle que nous la défendons : un camp social qui doit représenter politiquement les aspirations majoritaires du salariat. En effet, après Tacther vient Blair et sa gauche « moderne »…Là ne peut être notre modèle pour le parti socialiste francais pour les années a venir !

Face à cette droite qui, derrière les bons sentiments médiatiques et les sourires décontractés de façade dans la presse people, prépare un grande offensive contre les droits des salariés nous devons hausser le ton ! Nous devons sans cesse et avec abnégation expliquer et montrer la dangerosité et la froide cohérence de son projet, mobiliser partout ou cela est possible et efficace toutes les résistances, préparer les ripostes nécessaires en lien avec les forces sociales et syndicales, soutenir et relayer politiquement les aspiration des luttes a venir, bref jouer pleinement notre rôle d’opposant ! Cela n’est pas contradictoire avec la nécessaire refondation idéologique et politique de la gauche… bien au contraire cela en est la condition première !

Pour refonder un socialisme du XXIème siècle il faut que celui ci soit en capacité de s’appuyer sur la force du salariat qui, pour ne pas sortir essoré de la thérapie de choc infligé par Sarko et sa bande, doit pouvoir compter sur une gauche qui ne courbe pas l’échine. Plus que jamais nous avons besoin d’une gauche fière d’elle même et de ses valeurs, immergée dans les luttes sociales et la jeunesse, aux cotés des salariés qui souffrent et qui luttent, mobilisant les intellectuels, refermant enfin la parenthèse libérale ouverte en 1983 qui lui a fait perdre son identité et prête a incarner la relève à ce pouvoir indigne ! Là est pour nous la voie du renouvellement et de la refondation d’une gauche et d’un parti socialiste digne de ce nom !

Julien GUERIN

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lundi 27 août 2007

suppression de postes dans l'éducation nationale

 

ecole

21 000 emplois ont été supprimés depuis 2003 dans l’Education Nationale. Le ministre Darcos vient d’annoncer entre 10 000 et 15 000 suppressions d’emplois en 2008. A cette rentrée 2007, 2458 emplois d’enseignants seront supprimés . A cela il faut ajouter la suppression de 585 emplois par réduction du contingent d’heures supplémentaires pour les remplacements de courte durée et 410 emplois pour réduction du contingent des autres heures supplémentaires. Il faut également tenir compte de la suppression de 1011 emplois de stagiaires, liée à la diminution des recrutements par les concours et de la suppression de 200 postes d’assistants de langues . Soit un total de 4664 postes supprimés à cette seule rentrée et 25 664 depuis 2003. Avec ceux de 2008, ce seront entre 35 664 et 40 664 postes qui seront supprimés en cinq ans .

Dans l’Académie de Versailles, 31 000 heures de cours ont été supprimées dans le même temps . C’est l’équivalent de 23 collèges de 600 élèves chacun et de 10 lycées de 800 élèves .

Comme dit l’humoriste Gustave Parking, Victor Hugo a écrit que chaque fois que l’on ouvrait une école, on fermait une prison et actuellement on fait exactement le contraire .

pastourelle
      

             

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mercredi 15 août 2007

Les fausses habilités de Sarkozy

billet

L e "paquet fiscal" de Sarkozy, son cadeau de bienvenue, pose deux questions: quelle gestion de la lutte des classes, et quelles relations avec les autres bourgeoisies européennes? Cette terminologie que d’aucuns jugeront archaïques est pourtant appropriée. La loi TEPA (travail, emploi et pouvoir d’achat) marque en effet une offensive de classe sans complexe qui organise un transfert de grande ampleur en faveur des couches sociales les plus favorisées. Certes, cette loi semble marier la carpe et le lapin: bouclier fiscal et baisse des droits de succession pour les plus riches, crédit d’impôt sur les emprunts pour les "classes moyennes" et défiscalisation des heures supplémentaires pour une fraction (d’ampleur d’ailleurs indéterminée) du salariat.

A court terme, cela peut faire une majorité. Mais ce court terme ne durera que jusqu’au prochain budget, puisqu’il faudra bien financer une partie au moins de ces largesses. Or, tous les moyens envisageables pour le faire vont frapper une autre majorité. Avec la TVA sociale, les consommateurs vont voir les prix augmenter, car il y a peu de chances que le gouvernement réussisse à convaincre les entreprises de ne pas profiter de l’aubaine en la répercutant sur leurs prix. Les fonctionnaires vont se trouver coincés entre le marteau des réductions d’effectifs et l’enclume des heures supplémentaires impossibles à payer. Les bénéficiaires d’heures supplémentaires vont peu à peu découvrir que la contrepartie est une moindre progression du salaire de base, et les salariés qui n’auront pas eu la possibilité de profiter de la manne seront légèrement aigris. Et tout le monde ou presque pâtira d’une nouvelle dégradation des services publics et de la Sécurité sociale.

A moyen terme, le programme de Sarkozy, une fois lancé, est une machine infernale, dont toutes les pièces s’imbriquent les unes dans les autres: nouvelle "réforme" des retraites, nouvelle "maîtrise" des dépenses de santé, nouvelle réduction des moyens des services publics, nouveau contrat de travail. On voit bien alors que la base sociale du sarkozysme est destinée à se rétrécir comme peau de chagrin. Si la majorité de la population réalise qu’elle paie les cadeaux aux riches, les ¦illères risquent de tomber assez vite.

Tel est le dilemme de Sarkozy. S’il cherche à faire passer l’intégralité de son programme, il fabrique mécaniquement une compréhension du contenu de sa politique. S’il y renonce, il perd son crédit politique fondé sur l’idée de rupture. Ce ne sont pas quelques Besson ou Hirsch de plus qui suffiront à résoudre cette équation. D’où la nécessité d’une certaine distance à l’égard de l’orthodoxie européenne. D’un côté, on donne un coup de pouce à Angela Merkel pour faire passer son traité simplifié, mais, de l’autre, on reporte aux calendes grecques le retour à l’équilibre budgétaire et on institue une TVA sociale. Cette mesure - très peu coopérative - vise à reporter sur les autres pays la charge d’un certain laxisme budgétaire. Là encore, la voie est étroite car les rodomontades du gouvernement français sur la Banque centrale et sa non-gestion de l’euro sont un pur simulacre dans la mesure où il n’a ni l’envie ni les moyens de s’affranchir durablement du carcan libéral européen.

La reprise économique pourrait desserrer cette contradiction en donnant des marges de man¦uvre budgétaires. Mais il faut compter aussi avec la médiocrité du personnel politique: gaffes de Fillon, inconsistance de Besson, souverainisme insultant de Guaino ("Le problème de l’Afrique, c’est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser" fait-il dire à Sarkozy à Dakar). Il suffit de lire les articles de Godet qui ont inspiré la réforme des heures supplémentaires ou encore le discours de Lagarde à l’Assemblée pour découvrir que la cohérence idéologique de Sarkozy est de faible intensité. Pour la ministre de l’Economie, par exemple, "il ne sert à rien de se chamailler quand il est l’heure de travailler". On est donc assez loin de Gramsci. L’habileté supposée de Sarkozy ne tiendra pas la distance, et les astuces style "plan Alzheimer pour justifier les franchises" n’auront qu’un temps. La politique de Sarkozy est donc condamnée à ressouder le camp du travail et fissurer celui du capital. Mais tout dépendra des luttes sociales qu’il trouvera sur son chemin. Et ce n’est pas une clause de style.

michel husson

 

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lundi 6 août 2007

Monsieur le Président, on ne vit vraiment pas dans le même monde

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Je me laisse encore quelque temps pour livrer mes premières analyses de la Présidence Sarkozy. Il faut laisser s'estomper les effets immédiats de la victoire et l'impact pour les français des premières mesures du Gouvernement. Je remarque simplement qu'il n'y a pas de surprise : les premières mesures vont toutes dans le même sens : accentuer les privilèges de ceux qui ont déjà beaucoup.

Je ne suis pas de ceux qui jugent les vacances des autres. Après tout, on demande surtout au Président de la République de bien présider la France. Peu importe s'il passe ses vacances en Belgique, en France, au Gabon ou... aux Etats Unis. Ce qui est choquant, c'est cet affichage indécent du luxe, de l'argent qui coule à flot... C'est tellement loin de la vie réelle des gens que je rencontre qui bossent dur et qui ont le plus grand mal à partir, ne serait-ce que quelques jours. On ne vit pas dans le même monde et la majorité des Français s'en rendra vite compte.

mf delannoy
   

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jeudi 2 août 2007

Quand franchise médicale rime avec perfidie politique...

                     

Il l’a dit. Il l’a fait. Après avoir déclaré chantiers présidentiels le 20/06/2007 la lutte contre le cancer, la maladie d’Alzheimer et les soins palliatifs, Nicolas Sarkozy a le 31/07/2007 à Dax, dans un one-man-show digne des plus grands dîners de bienfaisance étasuniens, annoncé la couleur. Franchise annuelle plafonnée à 50 € sous forme de taxation de 0,5 € sur les actes paramédicaux, taxation de 0,5 € sur chaque boîte de médicament, taxation de 2 € par transport sanitaire. Et nous ne parlons même plus de l’euro laissé à chaque consultation médicale auquel nous sommes maintenant tous habitués.

Nous allons mettre le paquet, qu’il a dit ! Un paquet qui va coûter cher aux assurés sociaux modestes et passera comme un colissimo pour les bénéficiaires du bouclier fiscal, dont les plus grosses fortunes auxquelles un paquet-cadeau de 7 à 8 milliards d’euros vient d’être fait. Déshabiller Pierre pour habiller Paul est maintenant monnaie courante au beau pays de France. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus un sou aux classes moyennes promises à rejoindre avec la France de tout en bas le Tiers Etat. Car nous allons à n’en pas douter nous retrouver sous l’Ancien Régime ! Mais cette fois-ci, la noblesse sera incarnée par les multinationales et le clergé par le gouvernement avec à sa tête un super président se voulant aussi charismatique qu’un télévangéliste étasunien.

Cette franchise médicale est d’une perfidie sans nom, car elle exploite la souffrance des malades et de leur entourage pour au nom de la solidarité nationale prélever un impôt supplémentaire à mi-chemin entre la taille et la capitation. Bien sûr, les enfants, les femmes enceintes et les familles aux revenus les plus modestes en seront dispensés. Qu’est-ce à dire ? Tout simplement que Nicolas Sarkozy ne remet pas pour l’instant en cause la Couverture médicale universelle, la prise en charge des soins pour les femmes enceintes et le fait que les enfants sont au bénéfice de l’assurance sociale de leurs parents. En somme, la franchise ne touche pas à ce qui pourrait provoquer de l’agitation sociale. Bien vu !

Sans donner dans la consommation médicale à outrance, rares seront les assurés sociaux qui ne vont pas s’acquitter de ce nouvel impôt annuel de 50 €. Ce qui fait pour une famille modeste vivant avec deux salaires la somme de 100 €. Comme le dit si bien la pub : « Avec crétin.fr j’ai été encore augmenté ! Alors là, moi je dis : Merci crétin.fr ! ». Sans compter que plus de 10 % des médicaments étant achetés sans ordonnance et les déremboursements allant bon train depuis quelques années, nous sommes avec cette perfide franchise médicale doublement taxés.

C’est bien connu ! Le problème, c’est que ce sont toujours les mêmes qui reçoivent des chocs et toujours les mêmes qui encaissent des bénéfices...

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mercredi 1 août 2007

Le libéralisme (très actif) de la droite française

billet

Nul ne reprochera à la politique économique et sociale mise en place par M. Nicolas Sarkozy de ne pas être « lisible », pour reprendre cet adjectif très à la mode. Lisible et pédagogique. Premier acte, le « bouclier fiscal » a surtout protégé les très grosses fortunes des coups d’épée, pourtant très mesurés, du fisc. Coût pour le Trésor public des friandises que la majorité parlementaire de droite vient d’offrir par exemple aux futurs héritiers : environ 13 milliards d’euros. Comme vient de le rappeler le quotidien Les Echos, c’est en valeur réelle presque exactement ce qu’avait coûté en 1981-1982 le plan de relance de François Mitterrand (1). La gauche consacra une bonne partie de cet argent à la création de 240 000 emplois publics. A l’époque, la droite fustigeait tant de prodigalité susceptible, selon elle, d’alourdir inconsidérément le fardeau de la dette publique.

Si le gouvernement de M. Sarkozy est tout aussi généreux (ou prodigue), ce n’est donc pas envers les mêmes bénéficiaires. Ce qu’il perd en recettes fiscales, il l’économise en emplois de fonctionnaires : 22 700 postes vont être supprimés dès l’an prochain. Quant à l’endettement, alors qu’en octobre dernier le gouvernement de M. Dominique de Villepin, dont M. Sarkozy était ministre d’Etat, s’était engagé auprès des autorités européennes à ramener les comptes publics de la France à l’équilibre avant 2010, M François Fillon plaide dorénavant pour un délai de grâce supplémentaire de deux ans.

Il est possible que cela ne suffise pas... D’autres coups de ciseaux dans les comptes publics seront alors nécessaires. Peut-être de nouvelles « franchises » (c’est-à-dire des non remboursements) de frais médicaux pour mieux « responsabiliser » les malades ? Ou alors de nouvelles réductions des effectifs dans une fonction publique que la droite a toujours jugée « budgétivore » ? Au cas où, malgré tout, cette bourrasque de « réformes », celle de l’université incluse, provoqueraient dans quelques mois un mécontentement public généralisé, le gouvernement de M. Fillon a déjà paré le coup. Décidément débordant d’activités sociales en période de vacances, conseillé par M. Raymond Soubie, longtemps présenté par les grands médias comme un « expert » apolitique (lire « Raymond Soubie, dans les coulisses de la réforme »), il s’emploie à limiter le droit de grève dans les transports publics (2). Dans l’éducation, comme il l’a imprudemment annoncé, ce sera pour plus tard. Une fois que les suppressions de postes d’enseignants auront été absorbées (3) ?

Devant tant de signes d’ouverture à gauche, comment s’étonner encore que nombre de dirigeants socialistes, « décomplexés » eux aussi, se soient empressés de rejoindre l’équipe de M. Fillon, ou les commissions de M. Sarkozy ? En tout cas, ce président « libéral » déborde d’activités. L’Etat, quand il sait choisir les bonnes clientèles et punir les mauvaises, reste bien utile au fond…

(1) « Paquet fiscal : le prix de la confiance », Les Echos, Paris, 31 juillet 2007.

(2) Il s’agit ici de répondre aux « demandes des usagers ». Lesquelles sont moins promptement satisfaites quand elles signalent la réduction des dessertes de gares hors-TGV ou la très mauvaise qualité des transports de banlieue. La part des grèves dans les perturbations de transport est minime : environ 2%.

(3) Pour imaginer ce que les dispositions relatives à la limitation du droit de grève risquent de signifier pour les salariés, lire Gérard Filoche, « Ah non, vous n’allez pas faire ça ! », L’Humanité, 31 juillet 2007.

le monde diplomatique

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Franchise médicale,hypocrisie et mensonge !

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Le président de la République vient d’annoncer sa volonté de d’instaurer une franchise médicale
à hauteur de 50 euros par an par assuré social à travers un mécanisme touchant chaque
boite de médicament et chaque acte paramédical. L’objectif serait de financer un plan de lutte
contre le cancer et la maladie d’Alzheimer à la hauteur de 850 millions d’euros.
Pendant la campagne électorale, le candidat Nicolas Sarkozy avait proposé l’instauration de
franchises pour financer la sécurité sociale et « responsabiliser » les malades. Devant le tollé
qu’avaient suscité ces propositions et devant son rejet par l’opinion, Nicolas Sarkozy a été
obligé de changer de registre. C’est maintenant le cancer et la maladie d’Alzheimer qui sont
convoqués pour essayer de faire passer la pilule d’une mesure injuste. L’hypocrisie se
conjugue ici avec le cynisme. Alors qu’aucune mesure concrète contre le cancer et la maladie
d’Alzheimer n’est annoncée, le président de la République prévoit déjà que cette « grande
cause nationale » coûtera 850 millions d’euros, alors même que les professionnels de santé
indiquent qu’elle nécessiterait plus de 6 milliards d’euros. Ce qui nous est aujourd’hui proposé
est un financement dérisoire pour un plan inexistant !
En fait derrière le prétexte, la même réalité demeure. Politique de déremboursement des
médicaments, dont nombreux étaient efficaces, instauration d’un forfait hospitalier fixé à 16
euros, forfait d’un euro sur tous les actes médicaux, participation forfaitaire de 18 euros sur
les actes médicaux supérieurs à 91 euros, ticket modérateur, tout cela avait déjà mis à mal le
principe de solidarité inscrit au coeur de la sécurité sociale. L’instauration d’une franchise
médicale, en aggravant cette politique, vise en fait à instaurer une nouvelle logique au sein
de l’assurance-maladie qui la ferait ressembler de plus en plus à une simple assurance privée.
Alors que dans l’assurance-maladie, chacun cotise en fonction de ses revenus et est soigné en
fonction de son état de santé, la mise en place d’une telle franchise accroîtrait les inégalités
en matière de soins.
Alors que le gouvernement vient de faire un cadeau fiscal d’environ 13 milliards d’euros en
faveur des catégories les plus aisées de la population, l’instauration d’une franchise médicale
qui sera supportée par les malades confirme que l’orientation du nouveau gouvernement
est de faire de la redistribution financière vers les plus riches. Dans cette situation, il importe
que le front le plus large possible s’organise. C’est le sens de l’appel à une journée de
débats et mobilisations unitaires le 29 septembre lancé par un large collectif d’associations,
de syndicats et de partis politiques. Cette journée doit être le point de départ de la construction
d’un rapport de force national pour faire reculer le gouvernement sur cette mesure inique.

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