jeudi 29 mai 2008
Peugeot SA : 5 796 euros par jour pour le PDG !
Le groupe Peugeot vient de publier, en vue de l'assemblée des actionnaires, un certain nombre de rapports sur ses comptes 2007. On peut les consulter sur son site internet, et la lecture en est édifiante.
On lit dans ces documents officiels que la mise en œuvre d'un plan d'économies, dans le secteur automobile du groupe (PCA), s'est traduite par une baisse d'effectifs de 4 000 dans le groupe PSA au niveau mondial. Mais en France, il y a eu 8 000 suppressions d'emplois. PSA peut se vanter que les « frais de personnel » PCA ont diminué de 47 millions d'euros. C'est bien plus en réalité, puisque les primes de licenciement - 161 millions d'euros - ne sont pas distinguées des salaires.
Pour les travailleurs, ce sont donc des suppressions d'emplois et des augmentations au compte-gouttes ; mais pour ceux qui exploitent leur travail, tout va bien : le chiffre d'affaires est en augmentation et le bénéfice officiel est de 4 260 euros par salarié PSA dans le monde. En réalité, c'est même près du double si on réintègre dans les bénéfices ce que la direction en a sorti par un artifice comptable. Et les dirigeants, qui justifient les compressions de personnel en expliquant aux travailleurs qu'ils coûtent trop cher, trouvent leur propre valeur inestimable. Ainsi leur rémunération a augmenté de 60 %. Le précédent PDG avait touché, pour le premier mois de 2007, 94 011 euros, soit 2 611 euros par jour. Son successeur, Streiff, a touché lui 1,9 million d'euros pour le reste de l'année, soit 5 796 euros par jour. C'est plus de cinq mois de smic net par jour ! Ajoutons à cela 140 000 stock-options et des jetons de présence. Thierry Peugeot, président du Conseil de surveillance PSA, en a touché pour 457 000.
Si la famille Peugeot paye si bien son PDG, c'est qu'elle en gagne bien plus en tant qu'actionnaire : la famille Peugeot est en effet la première fortune française... de Suisse.
Mais cela ne suffit pas : Streiff propose que l'assemblée des actionnaires l'autorise à racheter (pour destruction) jusqu'à plus d'un milliard d'euros d'actions de l'entreprise, ce qui devrait faire gagner encore plus d'argent aux actionnaires. Il propose aussi de leur verser 351 millions d'euros de dividendes (suspense : vont-ils accepter ?) et souhaite attribuer 2 500 000 stock-options aux dirigeants.
On comprend dans ces conditions que ces malheureux soient aidés par l'État : PCA a bénéficié de près de 33 millions d'euros d'exonérations aux dépens de la Sécurité sociale et sa taxe professionnelle a baissé de 33 %.
mercredi 28 mai 2008
radio

Les salaires des grands patrons sur la sellette
![]() |
Les
revenus de Josef Ackermann, patron de la première banque allemande,
Deutsche Bank, se sont élevés l'an dernier à 13,98 millions d'euros
De simples
incantations des gouvernants visant à faire passer la pilule de la modération
salariale, à l’heure où la hausse des prix ne cesse de grignoter du
pouvoir d’achat .
En moyenne trois années de salaire pour les PDG
Ces
« parachutes dorés », censés remercier le dirigeant pour les services
rendus à la société, s’élèvent en moyenne à trois années de salaire
pour les PDG, et entre une et deux années pour la direction générale.
Cependant, la marge de décision des dirigeants d’entreprise en matière
de rémunération reste élevée.
Les patrons français semblent s’être montrés gourmands l’an dernier. Selon l’enquête de Hay Group, la rémunération annuelle moyenne des plus grands patrons du CAC 40 en 2007 dépassait 6 millions d’euros, salaire de base, bonus et valorisation des stock-options compris.
Les trois quarts d’entre eux ont gagné 40 % de plus en un an. Ils reçoivent dorénavant « le double du total de leur salaire de base et de leur bonus annuel » sous la forme d’indemnités de départ, alors que seuls la moitié des dirigeants américains bénéficient d’un pactole lorsqu’ils quittent l’entreprise. Le salaire de base de ces derniers est également moins élevé qu’en Europe, contrairement à leurs stock-options (rémunération sous forme d’actions).
D’après la même étude, les grands patrons français
gagnent donc aussi davantage que leurs homologues anglais (5,85
millions d’euros annuels), allemands (3,94 millions) ou néerlandais
(2,99 millions). « L’importance du réseau, c’est-à-dire le fait que les
dirigeants français sortent des mêmes grandes écoles et se retrouvent
dans les mêmes conseils d’administration, crée une émulation, qui tire
les salaires vers le haut », analyse Marie-Hélène Vigliano, qui a
réalisé une thèse sur le sujet. Par ailleurs, explique-t-elle, la
rémunération est proportionnelle à la « taille des entreprises ». Or,
celle-ci ne cesse de croître avec la mondialisation.![]()
La polémique sur le salaire des dirigeants est la plus intense en Allemagne, où le pouvoir d’achat des salariés allemands s’est érodé de 3,7 % depuis 2003.
Pour donner une image de ce fossé, la CFTC publiera cette semaine une évaluation du « salaire digne ». Le syndicat chrétien estime que 3 400 € sont nécessaires à un couple qui a deux enfants, pour assurer ses besoins essentiels. C’est un peu plus que deux fois le salaire médian français, qui est de 1 500 €, c’est-à-dire 4 000 fois moins élevé que la rémunération moyenne des patrons du CAC 40 en 2007.
| Aude CARASCO |
mardi 27 mai 2008
Mais non, le PS ne peut pas, ne doit pas céder à la tentation libérale !
Car s’il le faisait, il reculerait encore davantage, il se condamnerait à perdre les élections suivantes. Ce n’est pas son intérêt ni celui du peuple. En Europe, les "troisièmes voies" sociales ET libérales sont toutes en échec, elles ont conduit à la désespérance, la division et la perdition.
En France, c’est encore plus net, le rejet de la politique néo-libérale, extrémiste, intégriste de l’équipe Sarkozy-UMP est encore plus vaste et plus ferme ! La majorité de la France cherche une vraie issue à gauche et non pas un trompe l’oeil ou un placebo néo centriste !
Il faut une gauche à la hauteur des espérances de la gauche face à toutes les saillies droitières récentes.
Il faut un congrès de Reims rénovant la gauche et non pas l’abandonnant. Il faut un congrès de Reims social et non pas libéral. Il faut un congrès de Reims revenant aux fondamentaux et non pas dilapidant nos forces et nos soutiens.
Il faut un congrès de Reims prônant l’unité de la gauche et non l’unité avec le centre. Il faut un congrès de Reims dynamisant et pas décourageant, il faut un congrès gagnant et non pas conduisant à une nouvelle défaite comme celles d’avril 2002 et de mai 2007.
Voilà pourquoi ce qui transparaît ces jours derniers des débats du PS n’est pas la réalité, ni ce qui va l’emporter. La gauche de ce parti existe, elle a les clefs de l’avenir dans ses mains, il faut qu’elle se réunisse et propose une véritable issue... Je dépose avec mes amis une contribution en ce sens, et c’est ce à quoi j’appelle mes camarades ! Pour ancrer à gauche ce parti, il faut faire se rencontrer autour d’une même table les acteurs susceptibles d’y oeuvrer le mieux...
Gérard Filoche, membre du conseil national du Parti socialiste
MOUVEMENT POLITIQUE D’EDUCATION POPULAIRE (M’PEP)
République, laïcité, internationalisme, vers un socialisme du XXIe siècle
89 36 45 68 05… d’autres victoires sont possibles !
Vous pouvez imprimer cet
article à partir de ce lien
:
http://www.m-pep.org/spip.php?article627
DECLARATION D’INTENTION
POLITIQUE DU MOUVEMENT POLITIQUE D’EDUCATION
POPULAIRE
Le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP) a tenu son congrès fondateur le 24 mai 2008 en Seine-Saint-Denis. Au moment de sa création, le M’PEP était composé de militants ou anciens militants de partis de gauche, d’associations, de mouvements altermondialistes ou de syndicats, ayant mené la bataille victorieuse du référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005, et qui veulent donner un débouché politique à leur engagement.
Trois ans après
cette victoire historique, le paysage politique français
est un champ de ruines. L’incroyable élection de
Nicolas
Sarkozy à la présidence de la République,
il y a tout juste un an, fait honte à la France. Elle n’a
été permise que par la faillite de la gauche :
renoncements, calculs politiciens, sectarismes, jeux des egos, ont
provoqué l’échec et ne semblent plus avoir de fin.
Toute la gauche française
est à reconstruire. Elle est en haillons et n’a plus de
fondements idéologiques solides. Une partie d’entre
elle s’est même inscrite dans le cadre intellectuel du
néolibéralisme, ne cherchant, timidement, qu’à
freiner les conséquences de la
mondialisation capitaliste.
Elle s’est résignée. Elle a capitulé.
Fascinée
par le martèlement idéologique de la droite et du
Medef, cette gauche a perdu l’initiative et se retrouve
impuissante à
s’engager sur la voie d’un projet de
société libéré de l’emprise
du capitalisme. Elle croit que c’est en tournant ses regards
vers le « centre » qu’elle pourra se «
moderniser ».
L’élection présidentielle de 2007 a marqué une rupture dans la vie politique française. Alors que la droite affiche ses convictions, souvent avec mépris et arrogance, la gauche rase les murs. Elle ne croit plus à ce qui lui a donné sa raison d’être : la lutte pour l’égalité et contre le capitalisme, pour la République sociale et laïque et le socialisme.
La création du
M’PEP répond à une double finalité :
contribuer aux débouchés politiques des activités
d’éducation populaire et des
luttes sociales ; participer
à la création d’une grande force politique de
gauche.
C’est pourquoi le M’PEP
considère qu’il faut engager dès à présent une
bataille de fond pour ouvrir un nouveau cycle idéologique, culturel,
philosophique et politique : celui de l’épuisement de
la pensée néolibérale et de l’avènement
d’un socialisme du XXIe siècle.
Il faut organiser le
réarmement idéologique et culturel de la gauche.
La
gauche doit se décomplexer et renouer avec son ancrage
populaire.
Il faut faire grandir l’idée et construire une
nouvelle force politique de gauche, à vocation majoritaire
et internationaliste.
Après avoir mené
un intense travail collectif pendant un an,
disponible sur son
site Internet (www.m-pep.org), le M’PEP s’est fixé
six
objectifs :
- agir pour repolitiser les citoyens
- démystifier
la mondialisation qui vise à établir définitivement
la domination du capitalisme
- contribuer à la
construction d’une grande force politique de gauche
- placer la
souveraineté des peuples au centre du débat politique
-
sortir de l’eurolibéralisme
- lutter contre l’emprise
du capitalisme et ouvrir la voie à un socialisme du XXIe
siècle
Ses autres travaux portent
notamment, pour l’instant, sur les questions suivantes qui sont
mises au débat public :
- Mettre un terme à la
financiarisation de l’économie.
- Stopper le vandalisme
sur l’environnement et le pillage des ressources naturelles.
-
Dynamiser les principes de la République qui lient les
citoyen-ne-s
entre eux : démocratie, intérêt
général, laïcité, égalité,
services
publics…
- Remettre en cause l’existence du FMI,
de la Banque mondiale, de l’OCDE et de l’OMC.
- Inciter la
France à lancer une vaste offensive diplomatique pour
un nouvel ordre politique, économique, social, démocratique
et environnemental mondial, basé sur la Charte de La
Havane, outil de lutte contre le libre-échange favorisant
la coopération internationale.
- Prélever sur les
flux et stocks de capital et les hauts revenus les moyens
nécessaires aux politiques sociales.
- Baisser, à
moyen terme, la TVA.
- Appliquer le droit constitutionnel à
l’emploi en le rendant opposable à partir du financement
de plusieurs millions d’emplois.
- Créer un service
public national décentralisé de l’aide aux familles
et aux personnes seules.
- Etablir un pôle public de
l’énergie.
Le 28 juin, au cœur du
département de la Haute-Savoie frappé par
les délocalisations, le M’PEP organise une journée
d’étude
sur le thème «Face aux
délocalisations, faut-il sortir de l’Union européenne
? ».
Lors de son université d’été à
Poitiers, le 23 août, il rendrapublique sa plateforme
politique. Après les élections européennes
de
2009, le M’PEP diffusera son programme de gouvernement.
Dansl’immédiat, dans la perspective des élections
européennes de 2009, leM’PEP lance une campagne
intitulée « Faire bouger l’Europe ou sortir de
l’Union européenne ».
Le M’PEP est présent
dans chaque département. Il est prêt à accueillir
tous ceux et toutes celles qui souhaitent mettre de
l’éducation
populaire dans la politique et de la politique dans l’éducation
populaire pour reconstruire une gauche courageuse,
prête à
affronter les intérêts du capitalisme et à ouvrir
la voie à un socialisme du XXIe siècle.
Siège social : 168,
rue Cardinet – 75017 Paris - contact@m-pep.org
Le site du M'PEP : http://www.m-pep.org/
mercredi 21 mai 2008
démentélement du service public :vers la privatisation
La suppression des postes dans l'éducation doit être resituée dans son
cadre réel, et non pas dans celui d'une péripétie politique. Il s'agit
en effet d'une démarche politique extrêmement précise et élaborée
visant à aboutir à faire de l'éducation un marché comme un autre dans
le cadre plus large de l'AGCS. D'ailleurs vous aurez probablement
remarqué que le scénario de la casse générale du service public est
toujours le même :
1ere phase : on tire à boulets rouges sur ces" fonctionnaires bien payés à ne rien faire" et ça marche
-2ème phase : sous prétexte d'améliorer la productivité du systéme, on
le prive des moyens de remplir sa mission et on le désorganise.
-3ème phase : on en remet une petite couche sur "ces feignasses de fonctionnaires archaïques qui ne veulent pas se réformer".
- 4ème phase : le fruit est mûr et on peut privatiser.
Tout cela a été parfaitement théorisé et appliqué en Angleterre avec
Thatcher et continué avec Blair avant d'être généralisé en Europe.
Alors, il est urgent que la gauche, la vraie, pas celle qui s'est
prêtée à cette manipulation, se réveille et lutte avec les bonnes armes
et , tout d'abord, démonte systématiquement le discours, le langage
pervers qui conduit à la catastrophe que nous voyons se profiler de
plus en plus précisément. Par exemple, un opposant ne devrait jamais
laisser un journaleux ou un politique employer certains termes sans les
pointer, les expliciter et dire en quoi il les récuse. Ainsi, le terme
de modernité, devenu, par le zèle assidu des larbins néo-libéraux,
prétexte à démolir tout ce qui viendrait du "passé" (la sécurité
sociale , les services publics, l'école publique...etc). De même pour
les mots réforme,équité, retour sur investissement, demandeur d'emploi,
état providence, assistanat ,etc..modifiant en profondeur nos
représentations d'une réalité pourtant elle bien réelle : démolition à
tous les étages
mardi 20 mai 2008
Sarkozy et les pauvres / Acte 2 : les malades
(Note publiée sur le blog Ma vie en Narcisse)
Nicolas Sarkozy, mercredi 2 Mai 2007, débat avec Ségolène Royal à la télévision. Alors candidat UMP aux présidentielles, Nicolas Sarkozy déclare : "il faut engager un plan contre l'Alzheimer pour trouver l'origine de cette maladie comme on a fait un plan cancer. Et je veux enfin poser la question du remboursement des prothèses dentaires, ce n'est pas un luxe, et du remboursement des lunettes".
Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé, le 13 Avril 2008 au micro du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, affirme travailler sur un projet prévoyant que la Sécurité Sociale ne rembourse plus ni les lunettes ni les lentilles, remboursement alors à la charge totale des mutuelles et complémentaires santé. Pour ensuite revenir un peu en arrière et annoncer qu'il ne s'agit que d'une réflexion, qu'elle allait engager une concertation avec les acteurs concernés. Blablabla.
Moins d'un an, et une fois de plus un nouveau mensonge du gouvernement Sarkozy-Fillon. Une technique mille fois utilisée, et ô combien insultante : on balance une bombe pour ensuite revenir un peu en arrière. Pitoyable. Pathétique. Car derrière ces propositions, derrière ces petites phrases, se trouvent des malades.
Franchises médicales. Maintenant déremboursements. Aujourd'hui les frais liés aux soins optiques. Demains les frais dentaires. Après-demain ? Plus de 4 millions de Français ne cotisent pas à une mutuelle et ne bénéficient de la CMU (Couverture Maladie Universelle). Plus de 4 millions de Français qui ne pourront, faute de moyens, soigner leurs problèmes de vue.
Selon la Mutualité Française, les dépenses d'optique coûtent 150 à 200 millions d'euros par an à l'assurance-maladie. Assurande maladie, rappelons-le, en déficit de 7 milliards d'euros (12 milliards pour la sécurité sociale). Une goutte d'eau en moins dans un vase trop rempli.
Vers quel système de soin le gouvernement de Nicolas Sarkozy veut-il nous entrainer ? Doit-on s'attendre au pire, que les plus pauvres des Français soient dans une incapacité à se soigner ? Mais après tout, quelle idée d'être pauvre, ils n'ont qu'à cotiser à une mutuelle. Salauds de pauvres qui creusent de jour en jour le trou de la Sécu.
Punir. Réprimer. Trouver des coupables. Diviser les Français. Pointer du doigt les plus faibles. Ci-gît la cohésion sociale de la France.
Luc Mandret
(lire la note originale)
lundi 19 mai 2008
L'alternative à gauche, organisons-la !
Signer la pétition - Voir les signataires

Nous célébrons l’anniversaire de Mai 68.
Le temps n’est toutefois ni aux commémorations, ni à la nostalgie.
La planète s’est profondément transformée. Le capitalisme se fait toujours plus prédateur. Les émeutes de la faim sont le corollaire de l’enrichissement indécent d’une minorité de privilégiés. Les crises financières s’enchaînent et une catastrophe écologique se dessine. Bousculée par un nouveau totalitarisme de marché, la démocratie s’étiole.
C’est à la refondation d’une politique d’émancipation qu’il importe de s’atteler.
En France, le sarkozysme se heurte déjà à la résistance du pays. Dans les entreprises du secteur privé, dans les services publics, à l’école, d’amples mobilisations se font jour.
À quarante ans de distance, deux questions se reposent à nous : quelles perspectives offrir à la colère sociale ? Comment la volonté de changer radicalement l’ordre des choses peut-elle redonner majoritairement le ton à gauche ?
À cet égard, chacun hélas peut le constater, il manque toujours une force incarnant un projet alternatif.
Du côté de la majorité dirigeante du Parti socialiste, les volontés hégémoniques se confirment, et avec elles les tendances au renoncement social-libéral, inspirées des exemples de MM. Blair ou Prodi. Mais la gauche de transformation sociale et écologiste ne doit pas, elle, s’accommoder d’un statu quo qui lui interdit d’espérer changer en profondeur la donne politique.
La menace du bipartisme devient plus forte, avec son choix mortifère ramené à deux variantes de l’adaptation au libéralisme. Tout cela peut nous conduire à des désastres comme celui que vient de connaître la gauche italienne, incapable d’empêcher le retour de Berlusconi aux affaires et littéralement disloquée.
Les municipales et les cantonales viennent pourtant de prouver qu’il existe ici un espace comparable à celui révélé par Die Linke en Allemagne ou d’autres expériences similaires en Europe. Faute de convergence entre des traditions et des cultures jusqu’ici séparées, faute de prendre en compte l’apport des mouvements sociaux et citoyens ayant émergé depuis plusieurs années, le champ des possibles demeurera inévitablement limité : aucune force constituée ne peut rassembler autour d’elle seule.
Les échecs passés nous instruisent des difficultés de l’entreprise. Nous n’en restons pas moins convaincus que c’est le seul horizon porteur d’avenir.
Un cadre permanent pour faire front
Nous en appelons donc à l’affirmation d’une gauche enfin à gauche. Qui n’oublie plus la nécessité de redistribuer les richesses. Qui soit en phase avec les aspirations des salariés, des quartiers populaires, des jeunes. Qui conjugue urgence sociale, urgence démocratique et urgence écologique. Qui permette au peuple d’exercer sa souveraineté dans tous les domaines. Qui place l’égalité entre hommes et femmes au cœur de son projet. Qui milite pour un nouveau mode de production et de consommation, soutenable et respectueux des équilibres écologiques. Qui promeuve la construction d’une autre Europe et des rapports de codéveloppement avec le Sud. Qui devienne, ce faisant, une véritable force.
Militants politiques, acteurs du mouvement social et culturel, nous pouvons dès à présent agir de façon coordonnée. Sans préalable sur les engagements des uns et des autres, construisons un cadre permanent qui nous permette, ensemble, nationalement et localement, de réfléchir aux moyens d’une vraie réponse politique aux attaques de la droite et du Medef et d’aborder les grands rendez-vous qui s’annoncent. D’ici l’été, que chacun et chacune se saisisse de cette proposition sur le terrain. Et retrouvons-nous à l’occasion d’un grand rendez-vous national en septembre, afin de prolonger ces échanges.
Premiers signataires :
Paul Ariès, Ariane Ascaride, François Asensi, Clémentine Autain, Christophe Barbillat, Francine Bavay, Hamida Bensadia, Pierre Bergougnoux, Jacques Bidet, Martine Billard, Jean-Jacques Boislaroussie, Patrick Braouezec, Bernard Calabuig, Yves Contassot, Eric Coquerel, Emmanuelle Cosse, Thomas Coutrot, Claude Debons, Bernard Defaix, Marc Dolez, Annie Ernaux, Jean-Claude Gayssot, Jacques Généreux, Susan George, Dominique Grador, Robert Guediguian, Michel Husson, Raoul-Marc Jennar, François Labroille, Frédéric Lebaron, Jacques Lerichomme, Philippe Mangeot, Roger Martelli, François Maspero, Gérard Mauger, Marion Mazauric, Daniel Mermet, Mohammed Mechmache, Philippe Meyrieu, Claude Michel, Yann Moulier-Boutang, Dominique Noguères, Michel Onfray, Christian Picquet, Christophe Ramaux, Yves Salesse, Denis Sieffert, Patrick Silberstein, Evelyne Sire-Marin, Emmanuel Terray, Rémy Toulouse, Marcel Trillat, Christophe Ventura, Marie-Pierre Vieu, Claire Villiers.
Signer la pétition - Voir les signataires
samedi 17 mai 2008
Unité pour résister et transformer !
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Sarkozy et ses amis ne font pas que casser les droits sociaux et les solidarités. Ils travaillent à éliminer toute possibilité d’émancipation. Il faudrait se résigner à vivre dans la jungle libérale, le zoo sécuritaire, un enfer écologique, dans la violence des inégalités et des discriminations.
De nombreuses luttes se développent et convergent : celle des salaires, les retraites, le logement, l’école, la santé... Mais résister ne suffit pas pour construire un autre avenir. Dans presque toute l’Europe, la droite populiste marque des points et la gauche est terriblement désarmée.
En France, là où il faudrait travailler à une vraie alternative politique, chacun cultive son pré carré et le PS poursuit, malheureusement, sa course au centre. Le bipartisme est sorti renforcé des élections locales et, déjà, on nous branche sur la nouvelle compétition de... 2012 !
Rien ne changera sans que s’organisent les citoyens et les forces prêts à affirmer d’autres valeurs, d’autres ambitions, à travailler et à faire vivre ensemble un projet politique de transformation sociale, prêts à converger dans les luttes et dans les urnes, à gagner aussi des points d’appui dans les institutions.
Les bricolages électoraux, les rapprochements ponctuels ne suffisent pas. Après des années de gauche recentrée et d’émiettement de la gauche de transformation, pour inventer une alternative politique, il faut un travail de fond, un processus démocratique, ouvert, déterminé.
Il ne s’agit pas de faire table rase du passé du mouvement ouvrier et des autres formes d’actions collectives. Au contraire, en en tirant le meilleur, en prolongeant les éléments d’alternatives qui s’expriment déjà, organisons avec tous ceux qui le souhaiteront la construction d’un projet et d’une force !
Face à toutes les tentatives de division, assoçions luttes sociales, luttes sociétales et luttes environnementales ! Pour ne pas renoncer à changer l’ordre des choses, construisons des nouveaux rapports entre le social et la politique, entre le mouvement social et les institutions, entre libertés individuelles et émancipation collective !
Une nouvelle force politique doit naître, permettant la rencontre de cultures politiques et des expériences de résistance et de combat. Ecologistes, altermondialistes, trotskystes, communistes, libertaires, féministes, syndicalistes, militants associatifs, innombrables citoyens épris d’égalité et de liberté... notre force sera la construction d’une unité dans le pluralisme. Dans la perspective de réunir des « Etats généraux de la transformation sociale », créons partout des espaces de réflexion et d’action pour résister et pour transformer ! Le chemin sera long ? Commençons maintenant !





