lundi 23 février 2009
200 euros mensuels pour tous
Ce faisant, Sarkozy a brûlé tous les intermédiaires : ainsi ce qui reste de lui va bientôt être à nu face à la revendication populaire incontournable. Il ne s’agit pas du CPE comme en 2006, il s’agit du cœur du pouvoir. 200 euros mensuels, c’est un changement de cap, c’est la dénégation de toutes les théories réactionnaires fumeuses dont Bling-bling nous abreuve pour défendre ses amis banquiers et banqueroutiers. Il leur a donné des dizaines de milliards dont nos salaires manquent.
200 euros, ce n’est qu’une partie de la récupération du pouvoir d’achat perdu depuis de nombreuses années. C’est le Smic à 1500 euros, soit 10 euros de l’heure et 15 % d’augmentation. 200 euros c’est le moindre pour les salaires, les revenus minimaux, les chômeurs, les retraités. 200 euros c’est un bon moyen de combler les déficits de la sécurité sociale et des caisses de retraite. 200 euros, c‘est bon pour la relance de la consommation et donc de la production : mieux vaut 200 euros pour tous que 200 milliards pour les banquiers.
La France n’a jamais été aussi riche et la rigueur prétendument due par la « crise » n’est pas pour tous : les patrons du CAC 40 ne gagnent pas moins en 2008 qu’en 2007. La part des cotisations sociales de salariés est passée de 12,8 % à 21, 36 % entre 1980 et 2005, pendant cette même période, la part des cotisations patronales est passée de 40,2 % à 10,5 %. Il est temps que cela s’inverse, que les actionnaires soient contraints de renoncer à leurs fameux « 15 % » de marge, leur faillite ne l’autorise plus ! Cela suffit de leur donner des fonds publics comme les 6,5 milliards rajoutés par Sarkozy dans l’automobile pour que ces rapaces encaissent des dividendes, épuisent leurs stocks, affament leurs salariés par des temps partiels, et ne se proposent de licencier… qu’en 2010 ! Le temps du néolibéralisme cupide, pilleur et destructeur est révolu. C’est le temps de la redistribution des richesses, seule condition, seule politique pour se sortir de la crise systémique du capitalisme, de ce monde en déroute tant aimé de Sarkozy.
Soyons des millions dans la grève et dans la rue le 19 mars, dans l’unité avec les huit syndicats (CGT, CFDT, FO, UNSA, SUD, FSU, CFTC, CGC,) qui appellent et avec les 11 organisations de gauche (PS, PCF, NPA, LO, MRC, PRG, Verts, PG, Alternatifs,…) qui soutiennent. D’ici là chaque combat particulier est celui de tous : départements d’outre-mer, enseignants, chercheurs, étudiants, la grève générale ne se commande pas mais elle est à l’ordre du jour.
Et au plan politique prenons un monde d’avance : il urge que la gauche s’unisse et s’adapte à la tempête sociale qui arrive. Il y faudra de la voix, de la détermination, de l’audace. Sarkozy n’est pas fait pour tenir 5 ans : des élections anticipées seront vite à l’ordre du jour. Comme en Grèce, en Islande, et sans doute, très vite, dans toute l’Europe.
Source : Revue D&S n°162 février
La question des salaires est évidemment centrale et aucun artifice ne l’évitera. Chacun voit que le pouvoir sarkozyste inquiet, essaie d’inventer toutes les parades pour ne pas augmenter les salaires. Il s’agit du partage entre capital et travail, entre actionnariat et salariat : la question est vitale. En Guadeloupe, le patronat avait cédé, dimanche 8 février dans un pré accord : 200 euros pour tous. Le ministre, homme de paille de Sarkozy, s’est enfui pour ne pas porter seul le refus d’une telle mesure. Il y fallait l’engagement de l’Etat au plus haut niveau. On va y arriver. Ça mûrit partout. Du succès massif du 29 janvier, jusqu’au 19 mars en passant par les grèves générales aux Antilles, et par la mobilisation des enseignants, chercheurs et étudiants, l’explosion se prépare.
Gérard FILOCHE
samedi 21 février 2009
Toujours la même réforme
Le 29 janvier a été une journée de forte mobilisation. Elle a été
l’occasion de dénoncer la casse des services publics qui n’est qu’une
application servile des directives européennes, et en particulier de
l’Accord Général sur le Commerce des Services. Aux yeux des chantres du
néolibéralisme, que sont, en effet, les services publics ? Un marché
juteux injustement soustrait à la loi du profit. Des bénéfices
potentiels qui échappent encore à leur insatiable avidité. Tout comme
la poste et les hôpitaux, l’école publique fait les frais d’une «
politique » qui mérite à peine ce nom tant elle est soumise aux seuls
impératifs du Marché.
Les réformes mises en œuvre par le gouvernement opèrent à la manière
d’un dispositif à double détente. Il s’agit d’abord de diminuer les
coûts, de « faire des économies » : diminution des horaires
d’enseignement dans le primaire, réductions drastiques du nombre de
postes, liquidation des RASED, dégraissage des enseignements dans les
lycées professionnels, remise en question de l’existence des
maternelles par la création de jardins d’enfants privés, voilà autant
de mesures visant au désengagement de l’Etat. Mais il s’agit également
d’affaiblir l’école publique en lui retirant le peu de prestige dont
elle jouissait encore afin de favoriser l’enseignement privé. Pour ce
faire, le gouvernement s’emploie à vider le service public
d’enseignement de son contenu, renvoyant les élèves dont les parents en
ont les moyens vers des officines de cours complémentaires ou vers des
établissements privés, lesquels sont, via les réductions d’impôts,
indirectement financés... par l’Etat. Tel est le sens de la réforme des
lycées, qui réduit les disciplines à un saupoudrage. Tel est le sens de
la réforme des concours de recrutement des professeurs, qui diminue
encore un peu plus la part disciplinaire.
De ce point de vue, Xavier Darcos s’inscrit dans la même logique que
ses prédécesseurs. Pour faire croire à la « rupture », il a bien agité
quelques chiffons rouges : le retour aux fondamentaux, la fin de «
l’impressionnisme » en matière d’enseignement, l’importance des
savoirs. Mais il n’a dupé personne. Loin de relever le niveau
d’exigence et de réinstituer l’autorité du maître, les réformes mises
en œuvre par Xavier Darcos grossiront la cohorte des mesures qui,
depuis trente ans, rendent, de fait, impossible ce qui constitue
pourtant la principale mission de l’école publique : instruire les
élèves pour qu’ils puissent devenir des citoyens libres et éclairés. En
ce sens, il n’y a pas eu « des » réformes mais bien « une » réforme
qui, au fond, est la même depuis au moins trente ans. Qu’elle soit mise
en œuvre de façon brutale (par des économies drastiques) ou bien de
façon douce (par la remise en question de l’importance du savoir et par
la volonté d’adapter l’école à la société), la réforme a toujours la
même visée : abaisser l’école républicaine.
Marie Perret
lundi 9 février 2009
Les syndicats appellent à une nouvelle journée de mobilisation

Ils se réunissaient ce lundi pour décider ou non d'une nouvelle journée de grève...
Ils ont tranché, ce sera à nouveau la grève. Les syndicats appellent les salariés français à une nouvelle journée d'action nationale le jeudi 19 mars, pour faire suite à la mobilisation du 29 janvier, ont indiqué les huit confédérations réunies lundi soir à Paris.
Pour tenter d'infléchir la politique gouvernementale sur le pouvoir d'achat et la lutte contre le chômage, les huit confédérations qui avaient appelé à la journée d'action du 29 janvier, marquée par des manifestations massives (entre un et 2,5 millions de personnes, selon les sources), s'étaient à nouveau réunies lundi, cette fois au siège du SNES-FSU.
«L'unité syndicale est essentielle»
François Chérèque, de la CFDT, avait jugé qu'une nouvelle journée d'action était possible «à la mi-mars», après les vacances scolaires. Comme tous ses homologues, Chérèque est soucieux de préserver l'union des syndicats, une des clés du succès de la journée du 29 janvier. «L'unité syndicale est essentielle. On voit bien qu'elle a obligé le chef de l'Etat et le gouvernement à prendre en compte les attentes des salariés», a-t-il ainsi expliqué dans «Libération».
Force ouvrière, la FSU et Solidaires semblaient également favorables à une nouvelle démonstration de force syndicale. Pour Jean-Claude Mailly (FO), attendre le déroulement du «sommet social» l'arme au pied «risqu d'être un peu court». Christian Mahieux (Solidaires) a souhaité que tous les syndicats donnent «une suite, la plus rapide possible» au 29 janvier.
«Maintenir la pression»
Pour les syndicats, il s'agit de «maintenir la pression». Tous regrettent la maigre allocution de Nicolas Sarkozy, jeudi dernier, qui n'a fait «aucune annonce immédiate et concrète», lors d’un rendez-vous pourtant intitulé «Face à la crise».
Nicolas Sarkozy a écarté un relèvement du SMIC et des charges salariales des entreprises, tout en lançant quelques «pistes»: suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu, hausse des allocations familiales (il a notamment évoqué un «chèque emploi-service payé par l'Etat» «pour les personnes âgées qui vivent seules ou les mères de famille seules»). La réunion du 18 février à l'Elysée sera décisive sur tous ses points.
Réunions préparatoires sans la FSU, l'Unsa et Sud
En face, le gouvernement tente la conciliation et entamera ce mardi avec la CFDT et la CFTC ses entretiens pour préparer le sommet du 18 février. Seuls les numéros un des cinq confédérations dites représentatives seront reçus d’ici jeudi, ainsi que deux représentants du patronat (Medef et CGPME).
Ni la FSU, ni l'Unsa, ni Sud ne sont donc conviés. Toutes les rencontres se tiendront au ministère du Travail, rue de Grenelle, en présence de trois ministres(Christine Lagarde, Eric Woerth, Brice Hortefeux), du Haut commissaire à la Jeunesse, Martin Hirsch, et du secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez.
lundi 2 février 2009
Le 2 février l’université et les laboratoires s’arrêtent !
Le mot d’ordre qui a été lancé le jeudi 22 janvier lors de la coordination nationale des universités est historique.
C’est la première fois que
se réunissent dans un même mouvement unitaire et avec une détermination commune
des enseignants-chercheurs, des chercheurs et des membres du personnel de
l’enseignement supérieur très différents par leurs affiliations syndicales,
politiques ou disciplinaires mais tous convaincus que la bataille qui s’ouvre
les concerne tous et peut être décisive. Nous n’avons pas voulu cette épreuve
de force. Elle nous est imposée par le gouvernement : par la loi LRU, que
nous avons toujours dénoncée sans ambiguïté et qui, sous couvert d’autonomie,
renforce les féodalités locales et paupérise les universités ; par sa
conception du pilotage autoritaire et centralisé de la recherche et par le
démantèlement des grands organismes de recherche ; par une obsession de la
concurrence sauvage de tous contre tous (individus, formations,
laboratoires, universités) au nom d’une politique de spécialistes du marketing
au petit pied, qui étend indéfiniment la précarisation des chercheurs, des
doctorants et post-doctorants et de tous les personnels de l’enseignement
supérieur ; par ses pratiques de « concertation » marquée, selon la
feuille de route de leur mentor présidentiel, par la conviction qu’il est bon
d’écouter tout le monde mais qu’il ne faut pas en tenir compte ; par son
obstination à vouloir agir contre la majorité de la communauté universitaire,
quelles que soient les envolées lyriques d’une ministre qui connaît bien mal le
monde de l’université et celui de la recherche ; par son discours affiché
sur les résultats de la recherche et sur son prétendu déclin, au prix de
travestissements grossiers de la réalité.
Nous n’avons pas voulu cet affrontement mais nous ne le refuserons
pas. Nous demandons que le gouvernement retire son projet de
« réforme » du statut des enseignants-chercheurs et sa
« réforme » de la formation et du recrutement des enseignants mais
aussi qu’il revienne partout sur ses décisions de suppressions de postes
statutaires, qu’il renonce à son projet de modification de statut des
doctorants, qu’il dise comment il entend lutter contre la précarisation
croissante dans le monde de l’enseignement et de la recherche. Nous savons bien
que de vraies réformes sont nécessaires sur certains des points évoqués mais si
l’on veut qu’elles soient efficaces et légitimes, elles ne sauraient être mises
en place contre l’avis de la plupart des acteurs concernés. Une discussion peut
s’ouvrir sur n’importe lequel de ces sujets mais elle ne doit comporter aucun
préalable et s’inscrire dans le cadre de négociations et non dans celui d’une
concertation ministérielle n’engageant à rien.
L’éloge incessant de la concurrence et de la « culture du
résultat » tente de mettre à bas la collégialité et dédaigne les logiques
propres à la production comme à la transmission des connaissances, hors
desquelles il n’est pas d’Université. Nous ne sommes pas face à une
« réforme » de plus mais face à une volonté de mettre à bas
l’université et les organismes de recherche au moyen d’une attaque violente.
Face à cette agitation dangereuse et à ce mépris affiché qui prétendent définir
une politique, nous répondrons avec la sérénité et la détermination de ceux qui
veulent que l’Université puisse demeurer une fois que Monsieur Sarkozy sera
parti.
Plus que jamais, tous ensemble
Sauvons l’université


