mercredi 31 août 2011

Appel à l’unité de la jeune gauche

Appel à l'unité de la jeune gauche Les plus malins s’en sortiront, tous les systèmes permettent ça, mais les vecteurs républicains de la réussite, en particulier les diplômes, n’ont jamais été aussi peu efficients. Pauvreté, précarité, incertitudes, tels sont les leitmotivs sans cesse remâchés pour qualifier les conditions d’existence d’une génération en proie aux doutes et aux impasses sur son avenir. Il nous appartient, à nous la jeune gauche, de prendre notre avenir en main. Nous sommes face à un défi majeur. Construire notre unité politique est la mission historique qu’il nous revient d’assumer : elle doit commander notre engagement tout entier. Construire cette unité sans laquelle les aspirations de la jeunesse ne trouveront pas le débouché politique qu’elles méritent, le faire ou condamner notre génération au désarroi social, l’équation a le mérite d’être limpide.

Le nouvel ordre mondial face à la résistance des peuples

L’humanité et la planète subissent chaque jour le dictat de l’imperium de la finance. Les bruits de bottes résonnent aux quatre coins de la planète en échos à la crise généralisée qui se double d’une guerre pour les ressources stratégiques et la conquête des nouveaux marchés entre impérialismes. Les nationalismes et les intégrismes se déploient partout où la désespérance et le repli sur soi apparaissent comme seuls horizons valables face aux périls et aux dangers du monde. La globalisation s’est traduite depuis vingt ans, partout, par l’érection de nouveaux murs qui se sont dressés entre les hommes, sanctuarisant les frontières de plus en plus en plus infranchissables entre riches et pauvres, nantis et laissés pour compte du développement.

Vingt ans après la chute du mur de Berlin qui mit fin à l’opposition entre deux blocs antagonistes et au totalitarisme soviétique, force est de constater que les défis de notre génération n’en sont que plus immenses. La droite nous propose la résignation et l’adaptation à la concurrence généralisée entre les hommes et à la guerre sans fin orchestrée depuis Washington. Ils dépècent la République en bradant les trésors de la nation au nom de concurrence libre et non faussée, font sauter toutes ses digues sans exception les unes après les autres en s’attaquant chaque jour aux droits et libertés individuelles comme collectives au nom de la rente et de la sécurité, de la lutte contre le terrorisme et l’immigration. L’Europe est prise en otage par les idéologues extrémistes du libéralisme : d’un projet de paix et d’union fraternelle, ils l’ont dénaturé pour n’en faire qu’un gigantesque supermarché.

 Les peuples d’Amérique Latine cherchent chaque jour à construire une alternative au libéralisme. La jeunesse d’Iran ne baisse pas les armes contre le régime abject qui leur est imposé depuis 30 ans, au péril de leur liberté et de leur vie. En Europe et en France, les grèves à caractère insurrectionnel se multiplient contre la destruction de l’outil de production qui se fait au nom du profit immédiat. La jeunesse refuse avec de plus en plus de pugnacité d’être l’éternelle variable d’ajustement du libéralisme. Quand la droite organise le bizutage social de toute une génération en lui infligeant à titre privilégié ses politiques réactionnaires, la jeunesse se dresse. La résistance victorieuse contre le CPE en 2006 en France, l’insurrection de la jeunesse grecque en décembre 2008 qui n’en peut plus d’être la génération à 600 euros, ou les mouvements étudiants contre la privatisation croissante de l’enseignement supérieur partout sur le continent le prouve et le rappelle sans discontinuer.

La jeunesse face à ses responsabilités historiques

En France, le nouvel ordre mondial a un visage, un fondé de pouvoir : Nicolas Sarkozy. Au pays il impose les dogmes de la finance et les exigences de sa caste. Chaque jour il tarit la République. Sous son règne s’accroissent les inégalités, le communautarisme, la répression. Les privatisations et l’endettement font écho à la paupérisation et à la croissance de la rente. A la jeunesse il impose la soumission à l’ordre établi et réhabilite l’héritage comme seule perspective d’avenir. L’épisode de la candidature de son fils à la présidence de l’Epad était à ce titre aussi édifiante qu’affligeante. La responsabilité de notre génération est double. Dessiner un projet alternatif pour résoudre les maux qui frappent la jeunesse et se débarrasser de notre principal obstacle pour le mettre en place : cette droite qui se considère comme la propriétaire naturelle du pouvoir.

La gauche est divisée et hésitante face à une droite unie et offensive. Nos ainés ne perçoivent pas comme nous l’urgence de la situation face à laquelle notre génération est confrontée. Il est de plus en plus évident que si nous ne voulons plus être les cobayes expérimentaux du libéralisme. L’unité de la jeune gauche, associative, syndicale et politique ne se décrètera pas. Elle ne peut se construire que dans le respect de la dignité de chacun. Elle ne peut s’élaborer que sur un diagnostic partagé, une analyse commune, des perspectives et des solutions imaginées ensemble. Elle ne se fera pas sans la conscience de cette responsabilité historique qui nous oblige à penser le dépassement des cadres traditionnels et des positionnements qui en découlent. C’est en associant nos volontés et notre énergie que nous construirons l’alternative.

La jeunesse a toujours dégagé le terrain en ouvrant la voie de l’unité de la gauche. 1936 n’aurait été possible si les organisations de jeunesse ne s’étaient unies et battues sous la même bannière en amont de leurs organisations ainées. Ne permettons pas au gouvernement le plus réactionnaire que la France ait eu à subir depuis Pétain et sa camarilla de félons de se perpétuer à lui-même en 2012. Posons les jalons d’un nouveau front populaire. Chacun d’entre nous, des jeunes socialistes aux jeunes anticapitalistes en passant par les jeunes radicaux, jeunes verts et jeunes communistes, mais aussi toutes les sensibilités du syndicalisme de transformation sociale, qu’il soit lycéen, étudiant, jeune travailleur et naturellement toutes les associations qui se battent pour l’amélioration des conditions d’existence des jeunes, nous devons dépasser les sectarismes ou intérêts particuliers et nous élever à la hauteur des exigences de la période.

. C’est la jeunesse qui subit de plein fouet la politique du gouvernement, car elle est vulnérable par nature et ne dispose d’aucun statut social propre. Nicolas Sarkozy est le pire adversaire de la jeunesse dans ce pays. Frappons ensemble, et nous deviendrons les pires adversaires de la droite. Nous donnerons corps à une alternative politique qui fait cruellement défaut alors que les recettes éculées de la droite sont disqualifiées par la crise. Ne soyons pas les témoins de l’histoire, transformons-la en construisant les conditions du soulèvement démocratique de notre génération qui doit prendre son avenir en main et imposer un statut social de la jeunesse.

La jeunesse face aux défis du monde contemporain

Changer le monde, le bouleverser, renverser l’ordre établi, abattre les murs. Ne jamais se résigner face à ce qui semble immuable en apparence. Refuser la fatalité des injustices, la cruauté des dominations, les divisions entre les hommes qui sont sources d’incompréhensions et de haines.

La jeune gauche, riche de ses différences, de ses expériences et de ses histoires doit chercher à s’unir en additionnant le meilleur de chacune de ses composantes, en construisant le socle de valeurs communes qui nous permettent d’appréhender le présent pour mieux maîtriser notre avenir.

Les défis qui sont face à nous sont immenses. Notre génération est placée devant l’urgence écologique, la montée en puissance des communautarismes et des intégrismes, le renversement de la pyramide des âges, les révolutions technologiques et génétiques, l’éclosion d’un monde multipolaire et l’aggravation des fractures sociales et géographique entre riches et pauvres.

Le mythe de la fin de l’histoire proclamée lors de l’effondrement de l’Empire du froid a laissé place à un monde parcouru de conflits. Le contrôle des ressources stratégiques et la suprématie militaire et nucléaire sont au coeur des problématiques géopolitiques qui façonnent les relations internationales présentes et à venir.

Face ce constat, nous devons apporter une analyse globale pour imaginer ensemble des solutions pertinentes aux problèmes du monde. Nouveaux instruments de répartitions des richesses, relocalisation des économies, définition des secteurs essentiels à l’intérêt général et au bien être commun qui ne doivent plus être du ressort du marché (santé, éducation, eau, transports de proximité, recherche...), nouvelles instances de régulations internationales, démocratisation de l’Union Européenne, fin de la diplomatie secrète, interdiction des fichiers de police, liberté de circulation des hommes, liberté absolue de conscience... Ces questions ne peuvent faire l’objet que d’une réflexion commune où notre imagination sera au service du rêve d’une humanité liée par la fraternité.

Les idées portées par la jeune gauche sont nobles car chacun à notre manière nous nous sommes engagés en politique pour transformer le réel, avec la conviction que c’est par l’action collective que nous ferons bouger les lignes, que nous bousculerons les résistances au progrès, qu’en nous mettant au service d’idées révolutionnaires nous réformerons le monde. Retrouvons l’envie de vaincre en construisant l’unité qui nous fait défaut et porte en elle nos victoires futures. Notre génération n’a pas droit à la résignation, elle se doit d’être conquérante, elle a droit à ses victoires. A nous de les porter en y mettant tout notre cœur !

 

Posté par LG LAGAUCHE à 23:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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