mercredi 14 mars 2012

Mélenchon-Le Pen : les «sans-culotte» à l’assaut du Front National

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 Conjuguant une nouvelle fois humour, ironie et allusion révolutionnaire, Jean-Luc Mélenchon a profité de sa visite au Salon de l’Agriculture pour répondre à Jean-Marie Le Pen, qui l’avait traité de « voyou », dimanche 26 février, sur Radio France. Le sommant de débattre avec lui, le président d’honneur du Front National proposait, à cette occasion, de «lui retirer son caleçon». Ce à quoi le candidat du Front de gauche s’est empressé de répondre : «Jean-Marie Le Pen veut m’enlever mon caleçon ? Trop tard : je suis déjà un sans-culotte !», une référence aux révolutionnaires devenus le symbole des événements de 1789. Issus du milieu populaire urbain, les «sans-culotte» militaient en faveur d’une République égalitaire et se distinguaient par leur mode vestimentaire. Arborant avec fierté un pantalon à rayures bleues et blanches, au lieu des bas et de la culotte courte (sorte de pantalon court et bouffant) que portaient les nobles et les bourgeois, ils étaient coiffés du désormais célèbre bonnet phrygien, de couleur rouge. La joute verbale, relayée par les médias, entre Jean-Marie Le Pen et Jean-Luc Mélenchon a été déclenchée à la suite du non-débat du 23 février 2012, lorsque la présidente du Front National, invitée sur le plateau de l’émission Des paroles et des actes, avait refusé de débattre avec le candidat du Front de gauche, arguant que c’était «un leurre», la «voiture-balai» du Parti socialiste. Symboles de campagne À 52 jours de l’élection, les polémiques autour du Front National et du Front de gauche ne semblent pas s’apaiser. Elles avaient déjà atteint un point critique il y a plus d’un an lorsque le dessinateur Plantu avait caricaturé les deux candidats, côte à côte, lisant un même discours dont le titre était : «Tous pourris». Sur ce dessin, intitulé «L’ascension des néopopulismes», Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon étaient tous deux affublé d’un brassard rouge, rappelant une triste époque où les idéaux fascistes et le nazis se manifestaient de la sorte. Le candidat du Front de gauche avait dénoncé ce dessin qu’il avait jugé «stupide politiquement ». À ses yeux, « [il] amalgame deux programmes et traditions politiques diamétralement opposés » et «contribue à la confusion politique». Quelques jours plus tard, dimanche 23 janvier 2011, invité de l’émission « C’politique » sur France 5, Jean-Luc Mélenchon avait réagi, autant sur le plan verbal que vestimentaire. Arborant au revers de sa veste le triangle rouge des déportés politiques durant la Seconde Guerre mondiale, il avait déclaré «Je m’estime insulté quand on dit que je serais comme les Le Pen. Je suis un homme de la gauche républicaine [...] et pour bien marquer la cruauté de cette comparaison aussi infamante, je mets ce triangle, qui est celui des déportés communistes, qui ont été arrêtés pendant la guerre et mis dans les camps de concentration». Depuis, le candidat du Front de gauche n’a plus quitté cet insigne et le portait le soir où il devait affronter Marine Le Pen sur le plateau de France 2.

 

Albelle Di Napoli

Posté par LG LAGAUCHE à 19:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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