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la gauche
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19 novembre 2006

Cette droite mérite une bonne gauche.


TIC et Resto #1 > Clémentine Autain
envoyé par politicshow

La droite a le mérite d’afficher la couleur. Non seulement le gouvernement accroît chaque jour un peu plus la désespérance sociale mais son candidat présumé pour 2007 promet de faire mieux. Nicolas Sarkozy, ce n’est pas seulement un style. C’est un projet politique dangereux, alliant ultra-libéralisme et autoritarisme. Au programme : plus de concurrence, de profits, de contrôle social et moins de protections, de services publics, de libertés. Cette droite mérite une bonne gauche. Face à la logique du marché " libre ", de la marchandisation de tout (et n’importe et quoi) et de l’ordre contraignant, il faut opposer les valeurs de solidarité, de mise en commun, d’émancipation individuelle et collective. Et rappeler notre visée, le dépassement de toutes les formes de domination et d’exploitation. On ne battra pas Sarkozy sans mobiliser les classes populaires, sans re-dynamiser ce peuple de gauche qui a trop souvent été déçu. Voter utile, c’est donner sa voix à une équipe qui n’a pas passé ses idéaux à la machine, qui dispute à la droite dure tous les terrains où se joue l’avenir de la société, qui changera vraiment la donne dans le pays. La gauche anti-libérale rassemblée est la seule alternative crédible et durable à Sarkozy. Emploi/pouvoir d’achat, énergie, immigration, école : la preuve par quatre sujets d’actualité.

Emploi/pouvoir d’achat. Le gouvernement a osé faire sa rentrée en fanfaronnant sur la baisse du chômage ! On en oublierait que ce soubresaut est d’abord dû à des départs en retraite et que, dans le même temps, le nombre de RMIstes et de travailleurs pauvres ne cesse d’augmenter. Depuis vingt-cinq ans, le rapport capital/travail s’est considérablement détérioré : dix points de PIB sont passés directement de la poche des salariés aux actionnaires. Quand le pouvoir d’achat des travailleurs stagne, les entreprises du CAC 40 affichent des profits records. La casse du droit du travail et les cadeaux fiscaux aux entreprises n’ont conduit qu’à des reculs pour les salariés et les chômeurs. Un climat de peur s’est installé, peu propice au dynamisme économique et à la mobilité… Contre le chômage, on n’a pas tout essayé et l’Etat peut, sinon tout, au moins quelque chose contre les licenciements et les délocalisations. Un autre partage des richesses et une sécurisation des parcours professionnels s’imposent. Il est aussi souhaitable que réaliste de porter le SMIC à 1500 euros bruts tout de suite, d’augmenter les minima sociaux, de mettre en place un nouveau statut du salariat (qui assure une continuité des droits à l’emploi et à la formation ainsi qu’un filet de sécurité en terme de revenu, et ce dès 18 ans), de revenir au CDI à temps complet comme norme de contrat de travail et de mobiliser l’outil fiscal au service d’une juste redistribution des richesses et d’une réorientation des ressources vers les activités socialement utiles. Le tout en développant la démocratie sociale pour permettre aux salariés de peser davantage sur les décisions qui les concernent.

Energie. Approvisionnement, production et distribution, égal accès de chacun aux ressources, sûreté des installations, place des énergies renouvelables, maîtrise des coûts : les enjeux ne sont pas minces. Pour y faire face, la réponse de l’UMP est sans vergogne. Laissons faire les marchés ! Gaz de France annonce 44% de bénéfices au premier semestre 2006 ? Au lieu d’en profiter pour consolider la maîtrise publique de l’énergie, moderniser les équipements, investir dans la recherche ou stimuler l’économie d’énergie, la droite préfère privatiser. Les lobbies financiers et pas la société… avec en ligne de mire, 20.000 licenciements et la hausse des factures de gaz. Alors que le PS brille par ses tergiversations sur le sujet, la gauche anti-libérale propose de créer un pôle public rassemblant toutes les entreprises de l’énergie – publiques et privées – dans lequel salariés et usagers auront leur mot à dire. Cela passe par la réunification d’EDF et GDF dans un cadre 100% public. Esquissée par les syndicats et de nombreuses forces critiques, cette voie est la seule à même de permette à l’Etat d’assurer sa fonction fondamentale : garantir l’intérêt général et préparer l’avenir.

Ecole. Nicolas Sarkozy puis Ségolène Royal ont proposé de remettre en cause la carte scolaire. Les stratégies de contournement par certains parents sont avant tout un symptôme, celui de profondes ségrégations sociales et territoriales, alimentées par le désengagement de l’Etat, le recul des services publics et une politique du logement gravement déficiente. En tout état de cause, ce n’est pas en cassant les outils de l’égalité qu’on favorisera… l’égalité ! Ceux qui prônent la remise en cause de la carte scolaire s’appuient sur les difficultés d’un système trop pauvre en moyens, en ambition, en innovation – de la maternelle à l’université. Le saupoudrage des crédits affectés aux ZEP n’est pas à la hauteur des besoins nécessaires aux établissements les plus en difficulté : à quand une péréquation budgétaire plus juste et plus efficace ? La démocratisation de l’accès aux savoirs doit rester notre perspective première, ce qui suppose d’adapter nos conceptions et pratiques pédagogiques. 160.000 jeunes sortent chaque année de l’école sans diplôme. Les vaincus du système doivent être le point de départ de notre réflexion, le cœur de notre action. Il nous faut choisir entre un point de vue utilitariste du savoir, qui s’autorise à rejeter une partie de la jeunesse, et celui de l’ambition pour toutes et tous.

En 2007, c’est bien pour un choix de société que les Français devront voter. Les orientations de la direction actuelle du PS ne permettent pas de combattre la droite sur le fond, de clarifier les enjeux, de tracer d’autres perspectives de transformation sociale. Une gauche conséquente doit notamment rompre avec les politiques libérales menées depuis trop longtemps. Mettre l’économie au service de l’humain est une visée d’avenir. Dire que la globalisation a sonné la fin de l’Histoire, c’est nier les marges de manœuvre qui existent dans notre pays, oublier que les règles du jeu internationales sont bâties par les Etats, faire comme si d’autres - en Amérique latine par exemple - ne contestaient pas l’ordre établi. Les peuples sont capables de résister. Les Français et les Néerlandais ont dit non au projet de constitution européenne. Mouvement lycéen, révoltes en banlieue et mobilisation contre le CPE ont révélé combien les nouvelles générations rêvent d’autres futurs. Et pour quelle obscure raison ne pourrions-nous pas décider de nos vies ? Nous sommes nombreux – et peut-être même majoritaires ! - à n’avoir pas pour horizon les dividendes boursiers et à vouloir mettre en partage les richesses, les pouvoirs, les savoirs et les temps. Toutes les composantes de la gauche anti-libérale ont une responsabilité pour que ces voix s’unissent. Rassemblés, nous pourrons construire une autre voie à gauche.

Clémentine Autain.

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N
Intéressant ce texte, que j'ai découvert il y a peu et que j'ai mis sur mon blog il y a peu... Je vais mettre ton blog dans mes Liens... si tu veux faire de même ne t'en prive pas...<br /> <br /> http://adelante.over-blog.com/
M
Clémentine Autain : « Mon profil peut permettre de sortir de l’impasse » <br /> Entretien . Pour la jeune adjointe à Paris, candidate à l’investiture du rassemblement antilibéral pour l’élection présidentielle, « échouer sur la candidature serait incompréhensible ».<br /> <br /> Vous êtes candidate à la candidature antilibérale. Comment avez-vous décidé de franchir ce pas ?<br /> <br /> Clémentine Autain. Mon parcours m’a ouverte aux différentes sensibilités de notre rassemblement. J’ai toujours milité dans des espaces qui visaient la convergence de toutes les forces antilibérales. J’ai été invitée par de nombreux collectifs locaux. Des militants m’ont posé la question de ma candidature. Ma jeunesse leur paraît un atout. Nous devons nous adresser aux nouvelles générations, méprisées et maltraitées. Surtout, après tant d’échecs, il n’est pas absurde qu’une offre politique neuve soit incarnée par une personnalité nouvelle. Je milite depuis quinze ans, j’ai cofondé Mix-Cité, participé activement depuis le début à la Fondation Copernic, écrit des essais, animé la rédaction de Regards et suis élue depuis 2001. Dans ma vie, j’ai eu souvent à me construire dans l’adversité. Mais l’expérience n’est pas tout. Il faut démultiplier les énergies, convaincre au-delà de nos forces et porter du neuf à gauche. Les nouvelles générations y contribuent. Par ailleurs, notre campagne, très collective, sera forte de toutes nos expériences sociales, politiques, intellectuelles. Le critère essentiel pour le choix de la candidature, c’est l’arc du rassemblement : qui peut permettre que personne ne quitte les tribunes, qu’elles s’élargissent encore ? Il faut aussi pouvoir s’adresser au plus grand nombre. La France n’est pas une salle de meeting.<br /> <br /> Êtes-vous de ceux qui pensent qu’un ou une responsable de parti ne peut être candidat ?<br /> <br /> Clémentine Autain. Si c’était le cas, ce serait perçu par une majorité de militants, et plus encore par les Français, comme un rassemblement autour d’un parti et ce, quelle que soit la volonté du ou de la candidate. Nombreux sont ceux qui ont déjà dit qu’ils ne s’y retrouveraient pas. Il ne doit y avoir ni perdants, ni gagnants. Mon profil peut permettre de sortir de l’impasse.<br /> <br /> Dire « je m’en vais si Marie-George Buffet est candidate », n’est-ce pas une manière de lancer une exclusive, de mettre à l’écart les militants communistes et, éven-<br /> <br /> tuellement, de ne pas écouter ce que disent les collectifs. N’est-ce pas dangereux pour le rassemblement ?<br /> <br /> Clémentine Autain. Les militants communistes sont attachés à Marie-George Buffet et je les comprends. Elle suscite le respect, ses compétences ne sont pas discutées. Mais il nous faut préserver le cadre de l’unité. Les communistes y sont attachés. En mettant leur énergie au service de la dynamique unitaire, ils savent qu’ils sont fidèles à leur combat, à leurs convictions. Ce que le PCF met au pot commun est considérable : force militante, dimension institutionnelle, moyens matériels... Sans lui, pas de rassemblement possible. Sans les autres non plus. Pour que la mayonnaise prenne, il faut une large convergence. Le PCF ne peut pas passer en force et imposer à tous les autres sa candidate. La responsabilité des communistes est donc immense dans cette dernière ligne droite.<br /> <br /> Que pensez-vous de ce que dit José Bové rien sans la LCR ?<br /> <br /> Clémentine Autain. Je ne peux imaginer qu’Olivier Besancenot fasse tribune à part. La LCR s’inquiète de nos relations avec le PS. Pourtant, nous sommes clairs : pas de gauche plurielle numéro 2. Je suis convaincue qu’un accord est possible avec la majorité de la LCR. Mais nous ne pouvons pas suspendre notre dynamique à sa décision. Il nous faut aussi regarder du côté des militants socialistes. Certains risquent de se sentir perdus après le vote interne ! Pour créer une dynamique populaire et construire une nouvelle majorité à gauche, nous devons également enrichir nos liens avec les forces sociales : syndicalistes, intellectuels, artistes...<br /> <br /> La mobilisation de tous ceux qui depuis des années se sont beaucoup abstenus est l’un des enjeux de cette campagne. Ne craignez-vous pas que votre candidature apparaisse comme plutôt médiatique alors que les collectifs doivent réussir à mobiliser dans les quartiers populaires ?<br /> <br /> Clémentine Autain. Dans ces quartiers comme ailleurs, on regarde la télévision, on écoute la radio. Les classes populaires n’entendent plus un certain discours très formaté d’un personnel politique par trop homogène. Pour qu’elles commencent à tendre l’oreille, il faut des profils en rupture avec ce qui est donné à voir généralement. J’étais dans les Ardennes avec les ouvriers de Thomé-Génot, dans la marche silencieuse de Clichy-sous-Bois avec les jeunes... Et si ces derniers sont venus me parler, c’est aussi parce qu’ils m’ont vue à la télé. Je ne compte pas sur les médias pour faire notre campagne, mais maîtriser les formes contemporaines de communication est un enjeu. Nous convaincrons les classes populaires parce que notre projet leur apporte des réponses et leur ouvre des perspectives.<br /> <br /> Avez-vous des priorités ?<br /> <br /> Clémentine Autain. Les priorités sont définies collectivement. La première, et c’est tout l’enjeu de cette campagne, c’est de prouver que la politique peut répondre aux attentes populaires, que nous transformerons la société en profondeur. Je suis très attachée à mêler social et politique : nous ne changerons pas la société sans mobilisation populaire. Par ailleurs, notre parti pris anticapitaliste s’articule - sans hiérarchiser - avec toutes les luttes émancipatrices : écologie, féminisme, antiracisme, anticonsumérisme. Nous mettons au coeur de notre projet l’émancipation, individuelle et collective. Sarkozy allie libéralisme et autoritarisme. Nous lui opposons la solidarité, la mise en commun, les droits, les libertés publiques...<br /> <br /> Les collectifs se réunissent le 10 décembre pour aboutir sur la question des candidatures. Croyez-vous à la réussite de cette nouvelle étape ?<br /> <br /> Clémentine Autain. La question n’est pas de savoir si on y croit mais s’il le faut. Et il le faut. Nous avons le devoir de réussir pour tous ceux et celles qui paient le prix des politiques libérales. La victoire du 29 mai et les mobilisations sociales, contre le CPE, dans les entreprises ou pour les sans-papiers, nous obligent. Nous avons défini ensemble une stratégie et un socle programmatique. Échouer sur la candidature serait incompréhensible. Je précise que je ferai la campagne de celui ou de celle qui sera désigné(e) de manière unitaire. Soit on gagne tous, soit on perd tous.<br /> <br /> Entretien réalisé par Jacqueline Sellem
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