il prend aux pauvres pour donner aux riches
La phrase est de Jean-Pierre Daroussin qui explique ainsi son expression : "Il prend aux pauvres pour donner aux riches". Derrière cette pirouette, se dessine une réalité économique assumée: le premier projet de loi du nouveau gouvernement qui favorise clairement les couches les plus aisées de la société.
La défiscalisation des heures supplémentaires : ne profitera qu'à ceux qui ont du travail et de sucroît aux salariés imposables qui bénéficieront d'un crédit d'impôt. Un dispositif coûteux qui risque par ailleurs d'encourager la fraude,
les employeurs comme les employés ayant intérêt à déclarer un maximum
d'heures supplémentaires sur lesquelles il n'y aura aucune charge à
payer.
Question : pourquoi n'avoir pas réformé les 35 heures en revenant à une
durée légale de 39 heures ? Le dispositif aurait été moins coûteux et
plus efficace.
Le bouclier fiscal : là encore ne profitera qu'à ceux qui payent des impôts. Un bouclier d'autant plus avantageux pour ceux qui disposent d'un capital important, puisque le bouclier ne fait pas la distinction entre les revenus du capital et ceux du travail.
La fin des droits de succession : contribuera à perpétuer les générations de familles très aisées qui pourront ainsi faire gonfler et gongler leur patrimoine, sans jamais s'acquitter d'un "impôt de solidarité" que constituaient les droits de succession.
Quant à la déduction des intérêts d'emprunt, autre mesure très coûteuse, elle aurait dû être ciblée sur les jeunes primo-accédant ou fonction des revenus, pour cibler les couches populaires. Encore une fois, la vertu de l'impôt est par définition de faire contribuer ceux qui ont le plus de moyens à la solidarité nationale.
Montant de la facture : 20 milliards d'euros...et la dette ? On verra plus tard.
Antonin André
