Quand franchise médicale rime avec perfidie politique...
Il l’a dit. Il l’a fait. Après avoir déclaré chantiers présidentiels le 20/06/2007 la lutte contre le cancer, la maladie d’Alzheimer et les soins palliatifs, Nicolas Sarkozy a le 31/07/2007 à Dax, dans un one-man-show digne des plus grands dîners de bienfaisance étasuniens, annoncé la couleur. Franchise annuelle plafonnée à 50 € sous forme de taxation de 0,5 € sur les actes paramédicaux, taxation de 0,5 € sur chaque boîte de médicament, taxation de 2 € par transport sanitaire. Et nous ne parlons même plus de l’euro laissé à chaque consultation médicale auquel nous sommes maintenant tous habitués.
Nous allons mettre le paquet, qu’il a dit ! Un paquet qui va coûter cher aux assurés sociaux modestes et passera comme un colissimo pour les bénéficiaires du bouclier fiscal, dont les plus grosses fortunes auxquelles un paquet-cadeau de 7 à 8 milliards d’euros vient d’être fait. Déshabiller Pierre pour habiller Paul est maintenant monnaie courante au beau pays de France. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus un sou aux classes moyennes promises à rejoindre avec la France de tout en bas le Tiers Etat. Car nous allons à n’en pas douter nous retrouver sous l’Ancien Régime ! Mais cette fois-ci, la noblesse sera incarnée par les multinationales et le clergé par le gouvernement avec à sa tête un super président se voulant aussi charismatique qu’un télévangéliste étasunien.
Cette franchise médicale est d’une perfidie sans nom, car elle exploite la souffrance des malades et de leur entourage pour au nom de la solidarité nationale prélever un impôt supplémentaire à mi-chemin entre la taille et la capitation. Bien sûr, les enfants, les femmes enceintes et les familles aux revenus les plus modestes en seront dispensés. Qu’est-ce à dire ? Tout simplement que Nicolas Sarkozy ne remet pas pour l’instant en cause la Couverture médicale universelle, la prise en charge des soins pour les femmes enceintes et le fait que les enfants sont au bénéfice de l’assurance sociale de leurs parents. En somme, la franchise ne touche pas à ce qui pourrait provoquer de l’agitation sociale. Bien vu !
Sans donner dans la consommation médicale à outrance, rares seront les assurés sociaux qui ne vont pas s’acquitter de ce nouvel impôt annuel de 50 €. Ce qui fait pour une famille modeste vivant avec deux salaires la somme de 100 €. Comme le dit si bien la pub : « Avec crétin.fr j’ai été encore augmenté ! Alors là, moi je dis : Merci crétin.fr ! ». Sans compter que plus de 10 % des médicaments étant achetés sans ordonnance et les déremboursements allant bon train depuis quelques années, nous sommes avec cette perfide franchise médicale doublement taxés.
C’est bien connu ! Le problème, c’est que ce sont toujours les mêmes qui reçoivent des chocs et toujours les mêmes qui encaissent des bénéfices...
